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Ce soir, le film français « Second Tour » avec Albert Dupontel et Cécile de France. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Éternel « électron » libre du cinéma hexagonal et dûment reconnu comme tel depuis son fameux « Vilain » de 2009 resté d’une loufoquerie quasi-totale : tel est Albert Dupontel. L’eau a coulé sous les ponts avec les « 9 mois ferme », « Au revoir là-haut » et « Adieu les cons » ayant remporté la bagatelle cumulée de sept Césars. La vérité est qu’il n’en rate pas une dès que se déclenche dans ses neurones le bon vieil adage « absurde n’est-il pas ? », si cher aux mythiques Monty Pythons dans une télévisuelle culte dont notre bonne vieille RTB(F) prit jadis le relais. Même irrévérence et no limit. Oui, on peut rire de tout… tout en restant sérieux, du moins un « millipoil ». Le titre de son avant-dernier film est sans équivoque tant il divise plus que jamais la France, surtout après bientôt deux mandats de macronisme. Rappelons qu’en 2018, suite à la mise au tapis de l’arriviste Fillon ayant barré la route toute tracée de Juppé, le « bel Emmanuel » et son « prof Brigitte » se sont installés à l’Élysée, y formant le couple le plus inattendu de la Ve République de tradition… gaullienne depuis 1958. Alors qu’on parlait jadis d’affrontement direct entre Droite et Gauche, on parle désormais des extrêmes entre le RN des Marine Le Pen et Jordan Bardella, et la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Et ce sera au « milieu » que ça devrait se jouer avec l’officieux « report des voix ». Bigre… Et si devait émerger un « Macron nouveau » ? C’est le « filigrane on ne peut plus clair » d’un « brol » qui n’a donc pas manqué de diviser autant les critiques que les spectateurs !

Le sexagénaire revient donc avec une fable politique s’inspirant – selon l’auteur lui-même – du destin de Robert Kennedy, le cadet de JFK qui connut, en 1968, la même fin tragique. Un candidat à la présidence dont les idées progressistes auraient à tel point effrayé le gratin de l’Oncle Sam que son assassinat paraissait « inévitable » ! Ici, c’est en France que se passe ce « Second tour » dont le principal favori, brillant économiste, veut rejoindre les militants pour la sauvegarde de la planète. Grièvement blessé lors d’un attentat, il est remplacé par son frère jumeau, un apiculteur naïf. Un argument très proche de celui d’une comédie de Pierre Tchernia écrite par Jean Poiret à la fin des années 70, « La gueule de l’autre », où Michel Serrault incarnait un président de parti conservateur menacé d’une vendetta et couvert par son cousin et sosie, un acteur… raté ! Notre super Cécile de France et le toujours inénarrable Nicolas Marié donnent la réplique à ce double Dupontel entre thriller et satire.

« Second Tour », 21h10, France 2, trois étoiles.

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