Leonid Rogozov, le médecin qui s’est opéré lui-même
Jusqu’au début des années 2000, il était encore vivement conseillé aux marins qui s’apprêtaient à partir en mer en solitaire de confier leur appendice aux bons soins d’un chirurgien. Une ablation préventive qui pouvait, par exemple, maximiser la possibilité de boucler le Vendée Globe, soit quelque 43.000 km dans l’immensité des océans. De le boucler peut-être, d’y survivre plus encore. Une précaution chirurgicale qui rappelle combien le corps humain fait parfois piètre figure face à la nature. Ces aventuriers de l’extrême l’ont appris à leurs dépens au fil des siècles, en rentrant de leurs périples avec un inventaire de pathologies aussi retorses que spectaculaires lorsqu’on y est confronté seul, sans médecin sous la main. Furoncles, abcès, rages de dents, fractures… quel joyeux programme à l’horizon ! Aujourd’hui, skippers et explorateurs embarquent des officines entières en plus d’être formés pour poser un peu plus qu’une attelle faite d’un morceau de bois et de lambeaux de drap. Mais avant eux, combien ont dû s’extraire des dents ou se recoudre seuls ?










