Typh Barrow : « J’ai fait tomber beaucoup de barrières pour ce titre »

Où avez-vous trouvé l’inspiration pour ce titre ?
De mon vécu. C’est une chanson très intime, très personnelle. Je crois que j’avais besoin de mettre un voile sur le filtre de mon mental. Et poser les mots en français sur une chanson, je ne m’en sentais pas capable avant. J’avais déjà essayé lorsque j’étais adolescente mais les personnes qui me conseillaient à l’époque m’ont fait comprendre que ce n’était pas mon truc. J’ai fini par en être persuadée aussi.
Est-ce plus difficile d’écrire en français ?
J’ai toujours eu plus facile à écrire en anglais sans doute parce que j’ai principalement été bercée par la musique anglo-saxonne. C’est toujours sorti naturellement en anglais mais jamais facilement en français. Il faut dire aussi que le peu de chansons françaises que j’écoutais, c’était Cabrel, Brel, Goldman… C’étaient des plumes exceptionnelles donc forcément ça plaçait la barre haut.
J’ai toujours eu énormément de gens qui m’envoyaient des messages en me disant qu’ils aimeraient m’entendre chanter en français. Puis un jour, j’ai chanté du Brel avec Maurane, peu avant sa mort. Elle m’a dit : ‘Toi ma fille, je vais t’écrire des chansons en français. Tu as la voix pour.’ L’idée a germé dans mon cerveau et elle n’est plus jamais partie. J’attendais de rencontrer un auteur avec qui ça ait du sens de travailler ensemble. Jusqu’à un soir de mars 2026, à quelques jours du lancement de ma tournée.
Que s’est-il passé à ce moment-là ?
J’ai ressenti le besoin de me mettre au piano et de poser les mots en français sur quelque chose que j’ai traversé. Sans filtre, sans pudeur. Quand j’ai présenté le résultat à mon équipe en étant sûre qu’ils allaient me dire que c’est une mauvaise idée… Sauf qu’ils ont eu une super réaction et m’ont encouragé à la jouer en concert. Je me suis dit que ce serait un moment éphémère du concert, un cadeau pour le public. Mais les gens ont ensuite demandé où ils pouvaient l’écouter et quand je l’enregistrerai.
Parler de rupture en français, c’est aussi très fort.
Oui, c’est tellement particulier. Quand on compose et qu’on chante, il y a déjà une certaine mise à nu. L’anglais me permettait d’avoir une petite protection. Mais le français, c’est plus direct et encore moins pudique. Ça me faisait peur, et j’ai encore peur ! Heureusement, elle est déjà passée par le filtre du public. Et puis, ce sujet est universel. Tout le monde a déjà vécu une rupture.
Le clip sort le 14 octobre. Vous pouvez déjà nous en dire plus ?
Je préfère encore garder la surprise. Je peux simplement vous dire que j’ai essayé de faire un clip qui soit complètement à l’image de la chanson. Visuellement, je pense que ce sera une petite claque émotionnelle aussi. J’ai vraiment été puiser dans mes retranchements. C’est certainement l’un des clips les plus épuisants que j’ai vécu. En tout cas, j’ai fait tomber beaucoup de barrières pour ce titre.
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