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Ce soir à la télé, le film « La déchirure » qui nous replonge dans la dictature des Khmers Rouges. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Lors de la sortie sur nos écrans, en février 1985, de « La déchirure », on avait déjà quasiment oublié la guerre du Vietnam et bien plus encore la dictature des Khmers Rouges. C’était l’époque de la détente entre les États-Unis de Ronald Reagan et l’URSS de Mikhaïl Gorbatchev. On s’inclinait même, parfois, comble des combles, devant la Révolution culturelle d’un Mao Tsé-toung responsable selon certaines sources de plusieurs millions de morts !

La Chine nouvelle s’ouvrait à l’Occident, et on renia même – provisoirement… – la Chine nationaliste de Taïwan, où s’était réfugié en 1949 Tchang Kaï-chek, son rival ! Une rivalité qui menace la planète entière aujourd’hui encore en parlant d’un « casus belli ».

Soit, revenons à ce film, le premier réalisé par Roland Joffé, réalisateur franco-britannique héritant d’un script basé sur la véritable histoire d’un survivant des abominables « Killing Fields » (« Les champs de la mort »). Soumis à une dictature communiste forcément soutenue par Pékin, le Cambodge, ex-colonie française, se « libère » à son tour de tout son passé indochinois par l’arrivée des fameux Khmers Rouges qui entrent triomphalement dans Phnom Penh, la capitale. Ils sont acclamés mais… on déchante très vite, surtout chez les reporters occidentaux contraints de se réfugier à l’ambassade de France à l’initiative d’un chauffeur de taxi autochtone. Les semaines passent et les trois gaillards peuvent regagner leur pays, mais pas l’infortuné Dith Pran qui aboutit au champ situé dans la banlieue proche, où on exécute les « ennemis de la révolution » en les étouffant à l’aide d’un vulgaire sac en plastique avant de laisser se putréfier les cadavres. Par miracle, il s’échappe et retrouve Sydney Schanberg, journaliste américain parti à sa recherche…

Sur base du récit, un projet de film voit le jour sur base du Pulitzer lui attribué. Le producteur David Putnam estime le traitement pas assez « ciné », confiant derechef le script à… l’acteur Bruce Robinson. Bien lui en prend. On écarte Stanley Kubrick et Costa-Gavras de la caméra pour le néophyte Joffé. De même, Sam Waterston est préféré aux Roy Scheider, Alan Arkin et Dustin Hoffman. Pran est joué par Haing S. Ngor, un autre survivant.

L’ultime coup de génie est le choix pour la musique de Mike Oldfield (« L’exorciste »). Résultats : trois Oscars, un GG, un Bafta et même trois DdD italiens. Trois millions d’entrées en France et surtout, une mémoire collective… définitivement sauvegardée. C’est ça aussi, le Cinéma. Joffé reviendra avec « Mission », « Les maîtres de l’ombre » et « Vatel ».

« La déchirure », 20h35, La Trois.

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