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Ce soir à la télé, le documentaire « Le grand puzzle de Pompéi », diffusé sur France 5. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Par Ingrid Otto
Temps de lecture: 2 min

Dans les réserves du parc archéologique de Pompéi, des dizaines de caisses renferment un secret en miettes : plus de 15.000 fragments d’enduit peint, réduits en poussière. Si l’éruption du Vésuve en 79 a scellé le destin de la cité, c’est un autre drame qui a fait voler en éclats ces trésors. En 1943, des bombardements alliés frappent le site antique et pulvérisent l’une de ses plus riches demeures, la « Maison des peintres au travail », fracassant des plafonds peints d’une valeur inestimable…

Longtemps, ces débris ont sommeillé dans l’ombre, promis à l’oubli. Jusqu’à ce qu’une poignée de chercheurs fasse le pari fou de ressusciter ces chefs-d’œuvre de l’Antiquité romaine, au cœur d’un documentaire captivant diffusé ce soir sur France 5.

La mission de ces scientifiques ? Reconstituer ce que les archéologues appellent un « multi-puzzle à l’aveugle ». L’exercice défie la raison humaine, et pour cause : il n’existe aucune image de référence (comme sur une boîte de puzzle), des milliers de pièces sont manquantes, d’autres sont érodées et, en outre, des morceaux issus de salles différentes ont été mélangés au fil des décennies. À la main, plusieurs vies humaines ne suffiraient pas à en réassocier ne fût-ce qu’une poignée. Pour accomplir ce prodige, une équipe scientifique internationale s’est donc mobilisée au sein du programme européen RePAIR – « réparer », en anglais –, qui réunit des spécialistes italiens, allemands ou israéliens et qui mêle robotique, archéologie et vision artificielle.

Leur arme secrète : l’intelligence artificielle alliée à la robotique de pointe. Chaque fragment passe d’abord sous un scanner 3D haute résolution. L’IA, nourrie d’histoire de l’art, scrute la tranche de la pierre, les microfractures, les pigments et l’épaisseur du plâtre afin d’identifier les raccords physiques invisibles à l’homme. Puis entre en scène un robot développé à l’Université de Bonn, doté de deux bras articulés ; muni de pinces souples et de capteurs ultrasensibles, il manipule ces reliques millénaires sans risquer d’effriter leurs bordures, les pivote et tente de les imbriquer.

Filmée sur plusieurs années, cette alliance singulière entre technologie de pointe et vestiges antiques dépasse largement les frontières campaniennes. Car si l’automate parvient à dompter le chaos, cette prouesse ouvrira les portes des réserves des musées du monde entier, encombrées de caisses de fragments orphelins. Une véritable renaissance pour l’histoire de l’art.

« Le grand puzzle de Pompéi », 21h05, France 5.

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