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Hoshi : « Je suis prête à être maman »

Artiste torturée, Hoshi balance son mal-être en chansons. Sa résilience à elle, c’est la musique.
Entretien - Temps de lecture: 5 min

Votre album exprime beaucoup de mal-être. Comment allez-vous, vraiment ?

En vrai, ça va, ça va mieux surtout. Merci. Parce que justement, j’ai fait cet album et tout ça s’est hyper libéré de moi.

Vous parlez notamment de la santé mentale.

Quand la santé mentale déraille, c’est qu’il y a un truc qui ne va pas à l’intérieur. Si on tombe, on a mal, on a une entorse, ça se voit, on peut avoir des béquilles, tout ça. Quand ça ne va pas à l’intérieur, c’est plus dur parce que ça ne se voit pas, et on ne le sait pas si on ne le dit pas. L’étape de se l’avouer à soi-même, de l’avouer aux gens, c’est très dur. Le faire en musique m’a permis de libérer plein de choses. Je parle de tous les symptômes qu’on peut avoir quand ça ne va pas. On parle souvent de la dépression, du fait de ne pas se sentir bien, mais il y a beaucoup de symptômes qui existent et les lister dans une chanson, ça m’a aidée. J’ai hâte d’avoir les retours des gens sur ça.

Avec « À ta santé consentement », vous signez une chanson qui pourrait devenir un hymne pour toutes les victimes d’agressions sexuelles.

Au-delà du combat en lui-même, il y a un besoin de se soutenir et quoi de mieux que la musique pour rassembler ? Je n’ai pas fait cette chanson dans le but d’en faire un hymne, mais parce que ça m’est arrivé et que j’ai envie d’en parler. Après, j’ai sorti ce single et je reçois énormément, mais vraiment énormément, de messages de gens à qui ça fait du bien parce qu’ils et elles ont été victimes aussi et que ça leur permet de s’identifier à quelque chose et de se sentir compris. Moi, quand ça m’est arrivé, quand j’ai eu la capacité de réfléchir à tout ça, de me poser un peu, j’ai cherché des films, des musiques, de l’art ou des choses où j’aurais pu me dire : « OK, ça ressemble à ce que j’ai vécu. » Quand on vit quelque chose comme cela, on a besoin de trouver un miroir, de se retrouver dans un truc où on va pouvoir avancer. C’est pour ça que j’ai fait cette musique, j’avais à la fois besoin de m’exprimer et aussi de délivrer quelque chose qui pourra aider d’autres victimes.

Plusieurs chansons évoquent les larmes. Qu’est-ce qu’elles représentent pour vous ?

Les larmes, c’est un peu la réaction du corps face à tout. Quand on a vu un film qui nous a bouleversés, on pleure, des larmes d’émotions. Il y a les larmes d’un trop-plein aussi, où on ne sait plus par où ça doit sortir, et donc ça sort par les yeux. Les larmes, je trouve que c’est quelque chose d’hyper profond. Et puis, il y a les larmes figées, quand on n’arrive plus à pleurer parce qu’on est vidé… Ça représente bien ce qu’on ressent, les larmes, qu’elles se voient ou pas.

Toutes les chansons de l’album abordent des sujets forts, intimes… Pouvez-vous expliquer « Billy et Joey » ?

À la base, Billy et Joey, ce sont les noms des enfants que je n’aurai jamais avec mon ex, les noms qu’on avait évoqués si on devait avoir des enfants. C’est comme un adieu à cette relation, qui a été horrible pour moi, et aussi à ces enfants que je n’aurai donc jamais avec cette personne. Ça, c’est le point de départ de la chanson. Mais en fait, je parle surtout de mon désir de maternité. Quand je me suis retrouvée face à mon miroir il y a deux ans et que j’ai dû faire un bilan sur plein de choses, sont arrivés le sujet de la maternité et cette envie d’un jour être mère. Je me suis rendu compte que c’était plus profond que juste une phrase qu’on dit comme ça, c’est vraiment une envie que j’ai.

Ça ne vous fait pas peur ?

Ah bah si, mais moi, j’ai peur de tout (rires). Je pense que tout le monde aurait peur de devenir mère dans le monde actuel ! De manière générale, ça fait toujours peur, c’est une responsabilité, je suis quelqu’un en plus qui stresse beaucoup, je suis quelqu’un de flippé mais bizarrement, j’ai aussi une forme d’apaisement avec ça, je sais que je suis prête, tout simplement.

Vous finissez l’album sur plus d’espoir. Vous parlez notamment de vos grands-parents.

Mon papy est décédé, mais ma mamie est toujours là, ils occupent une place immense, mais on ne s’en rend pas compte quand ils sont là en fait. Quand j’étais gosse, ils habitaient dans mon immeuble et j’étais tout le temps chez eux à écouter des vinyles, à jouer. Sur le moment, on trouve ça normal, on ne se rend pas compte à quel point c’est important, c’est une fois que ça s’arrête qu’on le réalise. Donc dans ce dernier morceau, il y a mon amour pour mes grands-parents, mais il y a aussi leur exemple : mes grands-parents ont été amoureux toute leur vie, ils ont fait toute leur vie ensemble, ils ont traversé des tempêtes, et à la fin, j’ai vu le dernier regard de ma mamie pour mon papy… Ma mamie m’a toujours dit : « Je te souhaite de vivre un amour aussi beau que celui que j’ai vécu. » En même temps, c’est hyper positif et ça met une pression immense parce que quand on voit que ça ne se passe pas comme ça pour nous, après on se dit « P…, est-ce que c’est une question d’époque ou de rencontre ? » Et finalement, je me questionne toujours beaucoup sur ma vision de la vie, de l’amour et tout ce que je peux être. En tout cas moi, dans ma vision de l’amour, je suis très « à l’ancienne » et je crois toujours, malgré tout ce qui s’est passé dans ma vie, à l’amour qui traverse les tempêtes et qui au bout du compte finit par être calme et beau !

Hoshi, « Bonjour Docteur » (Warner). Le 4/12/2027 à Forest National.

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