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François Pirette apporte son soutien aux jeunes manifestants : « Je n’en peux plus de vivre dans cette politique droitarde »

L’humoriste belge va se lancer dans une nouvelle tournée avec son spectacle « Six/Seven ». Il se dit concerné par les préoccupations des jeunes.
Entretien -
Par Marine Mélon
Temps de lecture: 3 min

Pourquoi avoir choisi ce titre pour ce spectacle ?

C’est un clin d’œil parce que la tournée se déroulera entre 2026 et 2027. Évidemment, je vais aussi parler des turpitudes de notre jeunesse, qui sont légitimes. Il faut dire que j’ai des enfants quasiment sur deux générations. Et puis, il n’y a pas que le pape qui peut s’approprier le « Six/Seven ».

Vous sentez-vous concerné par les préoccupations de la jeunesse ?

Je ne veux pas me les approprier parce que je ne les connais pas personnellement. Je ne les vis pas directement. Je suis tout de même préoccupé parce que j’ai des enfants qui sont toujours à l’école. Ils étudient en France. Certains sont toujours au collège et j’ai une ado qui vient d’avoir son Bac. Je suis, comme beaucoup, effaré de la manière dont on n’écoute pas le malaise de cette jeunesse. Si elle vit dans ce malaise, ce n’est pas elle qui l’a créé. C’est la résultante de décisions, de comportements, d’orientations de leurs aînés, de notre génération. Je trouve que le moindre des égards serait au moins de le reconnaître. Que ce soit en Belgique ou en France, comment est-ce qu’on ne comprend pas que, si certains incendient des vélos électriques, fracassent un bus et le reste, c’est bien parce que leur génération est dans un mal-être que la précédente n’avait pas connu.

La réponse politique est-elle suffisante ?

Elle est absolument abjecte, Georges-Louis Bouchez en tête. Ces gens me débectent. Les « yakafokon », les donneurs de leçons, les « moi-je »… que ces gens soient définitivement mis hors d’état de nuire. Par la voie démocratique certes, mais qu’on le fasse parce que je n’en peux plus de vivre dans cette politique droitarde qui ne connaît que la matraque, la gifle et la répression. Ce n’est pas possible. Je ne dis pas que l’ordre n’est pas un gage de paix social mais la répression ne l’est pas. Et ça, c’est absolument épouvantable.

En France, c’est d’autant plus révoltant qu’il y a eu, au moment où je vous parle, des enfants qui ont été gravement blessés et qui seront mutilés à vie. Mais dans quel monde vivons-nous ? Encore une fois, c’est comme par hasard la même tendance politique que nous. J’ai entendu des propos très outranciers en France, mais aussi en Belgique. On est dans l’outrance politique complètement décomplexée, dans cette outrance droitière qui commence sérieusement à me gaver.

En tant que comédien, vous préférez donc vous positionner.

On vit dans une société, malheureusement, de plus en plus polarisée et privée. Quand on fait un métier comme le mien, on est supposé se taire pour ne pas froisser une partie de son public. Mais je me suis toujours considéré comme un citoyen avant d’être un pseudo-artiste. L’un n’empêche pas l’autre. Je préfère être un citoyen en paix avec moi-même plutôt qu’un artiste trop prudent.

En France, j’entends depuis toujours que les artistes peuvent exprimer leur opinion. En Belgique, c’est très mal vu. Combien de fois n’ai-je pas lu et entendu : « De quoi je me mêle ? » ; « Fais rire et tais-toi », « Essaie déjà d’être drôle, puis on verra ». Et je crois qu’il est très mal vu d’exprimer son opinion en Belgique quand on fait un métier d’artiste. Je n’en vois pas beaucoup qui s’exprime. On est très prudent. On a la culture de l’embarras politique.

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