Chat alors !
Derrière l’image d’Épinal du navigateur buriné et austère, le regard perdu vers un horizon incertain et à l’apparente solitude, se cache parfois, dans ses bagages, l’un ou l’autre compagnon à quatre pattes auquel la science et l’histoire de l’exploration doivent souvent une fière chandelle. L’expédition américaine Lewis et Clark, de 1804 à 1806, chargée de relier l’Atlantique au Pacifique, par exemple, dut une partie de sa réussite à Seaman, un colossal Terre-Neuve. Le colosse à la fourrure imperméable servait à la fois d’éclaireur, de chasseur de cerfs et de garde du corps : une nuit, il repoussa un grizzly mal luné entré en trombe dans le campement. Autre exemple : en 1831, à bord du HMS Beagle, le jeune Charles Darwin partageait sa cabine encombrée avec Chaco, un perroquet des Galapagos au bavardage intempestif. Le volatile servit de miroir aux réflexions du naturaliste : en observant le bec de Chaco, Darwin posa les jalons de sa future théorie de la sélection naturelle. Enfin, dans la mer glacée de Weddell en Antarctique, en 1914, Mrs.










