La Belgique de l’entre-deux guerres : les tensions linguistiques s’accentuent
En Flandre, c’était l’heure de Florimond Grammens, une sorte d’Uylenspiegel barbu et non violent qui fit une brillante carrière de barbouilleur en s’en prenant aux inscriptions bilingues ou unilingues françaises. Très droit, toujours courtois, têtu comme une mule, muni d’une échelle, d’un pinceau et d’un pot de peinture, Grammens inaugura sa croisade vers 1932, faisant ainsi entrer la contestation linguistique dans la vie quotidienne, où il avait l’appui des gens du peuple, des étudiants et même de beaucoup d’hommes politiques.
Le peuple flamand gronde
On le voyait partout, dans les rues, les gares, les administrations, les commissariats de police, croulant sous les procès, toujours arrêté, toujours condamné, emprisonné plusieurs fois, mais, dès le lendemain, repartant à l’assaut des plaques constituant, à ses yeux, une inqualifiable agression contre l’identité flamande. Il devait être élu député indépendant en 1939.










