L’hommage poignant de Patrick Bruel aux funérailles de Johnny Hallyday (vidéo)

© Belga
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Ce samedi 9 décembre, les personnalités étaient nombreuses à prendre la parole pour rendre un dernier hommage à Johnny Hallyday lors de la cérémonie religieuse à Paris. Publié par L’Obs, le chanteur Patrick Bruel a écrit un texte poignant qu’il a lu durant l’office religieux. Un message dans lequel il partage son émotion et son admiration pour le rockeur disparu.

« C’est la nuit ici à Los Angeles. Je viens de rentrer à la maison par Pacific Highway… Cette route où tu avais tellement aimé me faire partager ta Lamborghini pour aller déjeuner chez Ivy’s tous les deux. Ce déjeuner où tu m’as annoncé avec calme, pudeur et tellement d’élégance cette maladie que tu allais vaincre. Comme toujours… Et puis tu es vite passé à autre chose et nous avons ri, tellement ri… Sans doute pour ne pas pleurer, et bu un peu. Sur le chemin du retour, ta conduite (très) rock’n’roll m’avait fait craindre notre expulsion immédiate du pays.

Je ne dors pas. Comme si j’avais peur de me réveiller et de constater que ça n’était pas un cauchemar. Tout le monde m’appelle pour me faire parler de toi et de notre belle amitié. On me demande une 'anecdote'… Ce mot est si peu approprié. Je n’ai pas très envie de parler ou alors à toi. Te dire que je n’ai jamais oublié et que je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. Nos échanges, nos fous rires, tes conseils, nos duos… Tellement de duos, je n’arrive même pas à les compter, avec à chaque fois ce sourire bienveillant et fraternel. Monique Le Marcis m’avait présenté à toi en 1984 à ta sortie de scène au Zénith. Je n’oublierai pas tes mots ce jour-là, si forts, si encourageants. Et puis ton intervention aux Victoires de la Musique, ton invitation au Stade de France qui a tellement modifié pour moi le cours des choses.

J’aurais tant à te dire mais ce déjà long message n’en finirait pas. Je t’ai aimé comme un grand frère. Je pense à tous ces gens, ce public incroyable à qui tu as donné du bonheur pendant près de soixante ans. Je pense à David et à Laura. Et je pense à Laeticia, si forte à tes côtés, à Jade et Joy qui peuvent être tellement fières de leur papa.

Je me réveille… C’est bien vrai, mais c’est irréel. Tout laissait à penser que tu étais immortel. C’est con, je sais, mais j’y ai cru jusqu’à hier soir. Je n’arrive pas à imaginer qu’il n’y aura plus de Johnny. Comme si on avait enlevé la tour Eiffel dans la nuit. Sauf que tu me manqueras plus cruellement que la vieille Tour ne le ferait. Tu n’as pas oublié de vivre, tu as vécu mille vies en essayant toujours de nous les faire partager. Comme des millions de gens, et avec eux, je t’aime.

 »