Le sang dit tout, ou presque

Le sang dit tout, ou presque

Le sang parle. Il révèle notre état de santé et notre façon de nous alimenter, peut dévoiler aux femmes leur futur statut de mère et joue même au gendarme en pointant nos défaillances si l’on ne suit pas un traitement prescrit. Mais face à l’énigmatique demande d’analyse sanguine en format A3, votre curiosité est souvent piquée. La Pre Béatrice Gulbis, médecin biologiste, directrice du LHUB-ULB (Laboratoire Hospitalier Universitaire de Bruxelles), nous explique tout l’intérêt de ce document : « Quand un médecin prescrit une demande d’analyse sanguine, cela peut être dans un but de diagnostic, de suivi d’une maladie ou de suivi d’un traitement en particulier. Pour cocher telle ou telle case plutôt qu’une autre, il se base sur les symptômes et signes cliniques que présente son patient. »

De manière générale, le sang peut révéler l’état de santé des organes principaux comme le foie, le cœur, les reins… Il peut aussi pointer un problème venu de l’extérieur, comme une infection virale ou bactérienne. D’autres marqueurs peuvent montrer des choses très précises : une anomalie génétique, une maladie rare, dans certains cas une tumeur. Il reste cependant encore un grand nombre de choses que l’on ne peut pas diagnostiquer via une prise de sang, comme par exemple dans le domaine du cancer. Heureusement, dans ces cas-là, l’imagerie médicale, qui fait des progrès d’année en année, peut prendre le relais. Quelques tumeurs produisent cependant des protéines détectables dans le sang, notamment le cancer colorectal, mais ces marqueurs encore imprécis ne sont pas suffisants pour établir un diagnostic formel. « Certains marqueurs peuvent néanmoins être utilisés pour le diagnostic comme le taux de PSA (antigène prostatique spécifique) dans le cancer de la prostate, précise la Pre Gulbis. Mais il est toujours complété par d’autres examens. » (L’UCL a, de son côté, développé des marqueurs urinaires pour ce même cancer, ndlr).

Parmi tous les marqueurs, il en est un qui alerte vraiment de la présence d’une pathologie, c’est celui qui mesure le taux d’hémoglobine. Aux urgences, on peut citer notamment les marqueurs de l’infarctus du myocarde (la troponine I et T) comme pertinents. Par ailleurs, une présence importante de globules blancs dans le sang alerte qu’il y a inflammation, voire s’il y en a beaucoup trop, une maladie sanguine oncologique. « La quantité de cellules dans le sang – qu’il y en ait trop ou trop peu – constitue toujours une alerte pour le médecin », explique la Pre Gulbis. Dans le domaine hormonal, le test sanguin visant à déterminer un début de grossesse est également fiable et rapide. Tout comme le test de paternité. Enfin, certains tests visent à déterminer la présence d’une carence en vitamines ou oligo-éléments (zinc, cuivre, plomb…).

Interpréter les résultats

Chaque année, les médecins généralistes peuvent se rendre à des formations continuées dans le domaine des analyses sanguines. Il s’agit de conférences au cours desquelles les biologistes et cliniciens leur expliquent les nouveaux tests qu’il leur sera désormais possible de cocher sur “la grande feuille bleue”. Chaque test qui peut s’avérer utile dans le domaine de la prévention fait l’objet d’une demande de remboursement auprès de l’Inami. Il faut savoir que certains laboratoires indépendants proposent des tests qui ne sont pas remboursés par la mutuelle, il convient donc d’être vigilant. Tous les laboratoires de biologie clinique doivent cependant avoir l’agrément. Il est aujourd’hui également possible de demander certains tests via internet. Là aussi, même si les résultats peuvent être fiables, soyez prudents au niveau de leur coût…

« Les résultats d’une analyse, cela ne s’envoie pas au patient par la poste ! »

« Il est surtout important que ce soit le médecin qui vérifie les résultats de la demande d’analyse sanguine et les explique ensuite à son patient, conseille la Pre Gulbis. Lui seul pourra placer les résultats dans leur contexte, personnel et familial. Les résultats d’une prise de sang, cela ne s’envoie pas au patient par la poste ! Il ne peut pas se retrouver tout seul devant cette feuille à tâcher de comprendre ce dont il souffre exactement. Même nous, au laboratoire, n’avons pas le droit de divulguer les résultats aux patients. Quand on considère la “petite étoile” qui constitue la valeur référence, il faut savoir qu’elle correspond à une moyenne dans la population normale et pour une tranche d’âge moyenne. Mais si l’on se trouve un peu au-dessus ou en dessous de cette valeur référence, cela ne signifie pas nécessairement que ce soit grave. Ce qui est important, c’est l’évolution dans le temps. Il y a des patients qui auront toute leur vie un dosage élevé pour tel ou tel marqueur. D’autres suivent déjà un traitement qui peut donc influencer le dosage de leur prise de sang sans que ce soit pathologique. Un patient qui prend des anticoagulants aura forcément un dosage de la coagulation perturbé. Enfin, il faut savoir que les laboratoires n’utilisent pas tous les mêmes techniques et que certains résultats peuvent donc varier en fonction de cela. »

Professeure Béatrice Gulbis, médecin biologiste
: « Trop ou trop peu de cellules dans le sang constitue toujours une alerte. »
Professeure Béatrice Gulbis, médecin biologiste : « Trop ou trop peu de cellules dans le sang constitue toujours une alerte. »

 
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