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La lettre déchirante d’une amie de Marie Trintignant à Bertrand Cantat

Christine Citti n’a rien dit pendant quinze ans. Aujourd’hui, elle a choisi de s’exprimer.

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Des années après le drame, elle a choisi d’écrire ce qu’elle ressent. Christine Citti adresse une lettre ouverte à l’ex-leader du groupe Noir Désir, à ce chanteur qui a pris la vie de son amie Marie Trintignant ce jour d’août 2003. Ce témoignage, publié par le Huffington Post, est le résultat du retour sur scène de Bertrand Cantat et du battage médiatique que cela provoque. « Je me suis tue 15 ans », commence-t-elle. « Je ne peux plus. En tuant une de mes amies les plus chères, tu as percé un trou sans fond dans mon cœur et dans celui de beaucoup d’autres ».

Elle digère peu le fait que Bertrand Cantat puisse à nouveau se produire en concert : « Aujourd’hui, tu salis l’idée que je me fais d’être un artiste. (…) Tu as beaucoup travaillé pour devenir la rock star que tu étais, que tu es toujours aux yeux de certains. Je ne peux imaginer que tu ne te sois jamais posé la question du rôle de l’artiste, de sa responsabilité quant à ce qu’il transmet, partage. Mais, peut-être n’as-tu écrit tes chansons, pris ta guitare, uniquement poussé par un égotisme profond, seulement emporté par la jouissance d’être dans la lumière, enivré par le plaisir d’être acclamé, applaudi  ? »

« Qu’en est-il de tes devoirs ? »

Si Christine Citti ne remet pas en cause le fait que le chanteur ait « ‘purgé’ [sa] peine » et qu’il ait « juridiquement le droit d’exercer [son] métier », elle estime néanmoins que l’artiste a aussi des devoirs envers la société : « Tu as le droit de te victimiser, même si cela nous fait douter de la sincérité de tes remords, et du changement de ton comportement vis-à-vis des femmes. Tu as le droit mais qu’en est-il de tes devoirs ? (…) Ton devoir moral d’artiste ne serait-il pas de leur montrer ta honte d’avoir donné les coups qui ont entraîné la mort de Marie  ? »

La fin de la lettre se passe de tout commentaire : « Ta main qui joue de la guitare, qui tient le micro, c’est la main qui a frappé à de multiples reprises, qui a tué. En te produisant sur scène, tu te poses en icône romantique et rock. Et tu ne peux plus être cette icône. Tu as le droit d’exercer ton métier. Tu peux écrire, composer, enseigner, ou que sais-je… Mais NON, tu ne peux plus être un héros dans la lumière ».

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