Stanley Donen, le père de «Chantons sous la pluie», est décédé

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L’ancien danseur et chorégraphe avait en 1998 reçu un Oscar des mains de Martin Scorsese pour l’ensemble de son œuvre «  marquée par la grâce, l’élégance, l’humour et l’innovation visuelle » d’un genre regardé aujourd’hui avec nostalgie.

Le maître de la joie de vivre à l’écran, alors âgé de 73 ans, avait effectué quelques pas de claquettes avec la statuette d’or contre la joue, face à un parterre de stars l’applaudissant à tout rompre. «  Toutes ces comédies musicales appartiennent au passé », avait-il dit au New York Times en 1996. «  Si on retournait aujourd’hui la scène où Gene Kelly danse sous la pluie, il regarderait partout autour de lui de peur d’être arrêté par la police ».

Né le 13 avril 1924 à Columbia en Caroline du Sud, Stanley Donen trompe son ennui en dansant et en fréquentant très jeune les salles de cinéma où la vie lui semble plus belle. À 9 ans, il découvre Fred Astaire emportant Ginger Rogers dans la danse endiablée de « Carioca » (1933). L’acteur devient son idole.

Révolution du genre

Le petit garçon commence par danser en cachette puis obtient de ses parents de s’inscrire à un cours. À 16 ans, il quitte Columbia pour New York avec l’espoir de faire des entrechats son métier. Il fait ses débuts à Broadway en devenant « chorus boy » en 1940 dans « Pal Joey ». La star du show est alors Gene Kelly. À eux deux, ils vont sortir la comédie musicale des music-halls, désireux de montrer qu’on peut exprimer joies ou chagrins par des pas de danse et des ritournelles qui échappent à la pesanteur du quotidien.

En 1949, ils réalisent ensemble « Un jour à New York » : très moderne pour l’époque, cette comédie musicale avec Fred Astaire, qui se déroule en extérieur pour la première fois ou presque, marque une évolution du genre qui était en train de passer de mode. Après « Chantons sous la pluie » (1952), chef d’œuvre unanimement salué alors que Donen n’a que 28 ans, le duo se réunit une dernière fois avec un troisième film cosigné en 1955, « Beau fixe sur New York ».

«  Donen a emmené la comédie musicale dans une direction brillante et personnelle : non seulement il a osé transposer des habitudes des studios à l’extérieur, mais il a également été capable de filmer avec la même liberté qu’en intérieur », estime l’historien du cinéma David Thompson dans son Dictionnaire du film américain.

Marié cinq fois

Le réalisateur signe ensuite des films plus personnels : le fluide et poétique « Donnez-lui sa chance » (1953), le western chanté « Les Sept femmes de Barberousse » (1954), ou encore « Drôle de frimousse » (1957), avec Audrey Hepburn et Fred Astaire. Dans le registre de la comédie, Stanley Donen s’illustre avec « Charade » (1963, avec Audrey Hepburn et Cary Grant) et « Arabesque » (1965), qui combinent intrigues à rebondissements et style volontairement artificiel.

Il signe ensuite trois films personnels avec « Voyage à deux » (1967), « Fantasmes » (1967), parodie de Faust avec Peter Cook et Dudley Moore, et « L’escalier » (1969), étude de la désagrégation d’un couple homosexuel. Ses réalisations ensuite se raréfient et il se retire du cinéma après « C’est la faute à Rio » (1984). Père de trois garçons, il s’était marié cinq fois et avait vécu une brève idylle avec Elizabeth Taylor. Son décès a été confirmé samedi au Chicago Tribune par l’un de ses fils.

 
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