Sexe: un fossé orgasmique sépare les hommes et les femmes

Sexe: un fossé orgasmique sépare les hommes et les femmes

La vie est injuste, chacun le sait, si liée au hasard. Mais la vie intime l’est aussi qui offre d’emblée la jouissance aux hommes et non aux femmes. Dès leur premier rapport, ceux-ci éprouvent un orgasme. Malgré le stress, malgré la pression énorme qu’ils se mettent, malgré les peurs de ne pas faire comme il faut, de ne pas tenir, de ne pas être un bon amant, les hommes jouissent la première fois qu’ils font l’amour. Trop vite sans doute, pas comme ils le voudraient certainement mais ils y parviennent la plupart du temps ! Au contraire des filles. On compte sur les doigts de la main celles qui montent au 7 e ciel lors de la grande première. Non seulement elles ne jouissent pas mais la majorité d’entre elles n’éprouvent pas même du plaisir. Une étude faite cette année par le labo Terpan montre que 54 % des jeunes Françaises interrogées n’ont alors ressenti aucune sensation agréable car elles étaient trop stressées ou avaient trop mal.

65 % des femmes et 95 % des hommes jouissent souvent

Et par la suite, les choses s’améliorent mais les hommes conservent leurs avantages orgasmiques et ont toujours une longueur d’avance sur les femmes. Nombre d’études l’attestent et la dernière en date, de 2017, publiée dans les Archives of Sexual Behavior précise ces différences. Basée sur les réponses de 52.000 personnes âgées de 18 à 59 ans, elle établit que 95 % des hommes hétéros ont « souvent ou toujours » un orgasme, contre 65 % des femmes hétéros… La différence est telle qu’elle a reçu un nom : le fossé orgasmique !

Pourquoi diable existe-t-il ? Pourquoi est-il si important en ce XXI siècle qui a vu les femmes réclamer leurs parts de plaisir et refuser de voir leur partenaire orgasmer seul, comme le montra le rapport de Shere Hite dès 1970 ?

Une sexualité très phallo-centrée

La réponse est complexe qui mêle des éléments aussi bien physiologiques que relationnels, culturels et historiques. Physiologiquement d’abord, la jouissance féminine est différente de celle des hommes. Elle s’obtient aisément et rapidement grâce au clitoris, dédié au seul plaisir. Les caresses sur la partie extérieure de cet organe doté de 8000 terminaisons nerveuses offrent facilement l’orgasme à quelque 80 % des femmes. Par contre la jouissance féminine s’obtient plus rarement et plus lentement grâce au pénis et la pénétration. Si le rapport se limite au coït, seuls 18, 4 % des femmes connaissent l’apex du plaisir après en moyenne 12 minutes. Or souvent l’intimité entre un homme et une femme se réduit à la seule pénétration et celle-ci dure en moyenne 5 minutes. C’est qu’aujourd’hui encore, notre sexualité est phallo-centrée. Pas moins de 30 % des hommes hétérosexuels croient toujours que les relations sexuelles vaginales sont les meilleurs moyens d’amener une femme à l’apogée du plaisir. Nous héritons en cela de siècles de patriarcat. Longtemps l’homme domina la femme dans la société comme au lit et seul le plaisir masculin compta. Et il compta d’autant plus que la femme fut éduquée à être une épouse dévouée à son mari et ses enfants, peu intéressée le sexe. La religion chrétienne amplifia cette vision d’une femme madone et célébra la vierge comme idéal féminin. Elle diabolisa la sexualité, refusa le plaisir, n’acceptant le rapport qu’à des fins reproductives. Or pour qu’il y ait bébé, il faut pé-né-trer.

Élargir les scripts sexuels

Un tel héritage pèse encore sur notre sexualité, expliquant en partie ce fossé orgasmique. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il peut être comblé. Pour peu que l’on change les habitudes intimes. Sans parler de la pénétration, le trio magique qui offre des orgasmes à 80 % des femmes hétéros (et 91 % des femmes lesbiennes) : stimulations génitales, baisers profonds et sexe oral…

Bien sûr, ce sont là des conseils généraux et rien ne vaut la communication. Le sexe est une affaire perso et le meilleur moyen d’être épanoui au lit, c’est de se parler, de dire ce qu’on aime ou n’aime pas.

Sur le même sujet
SexualitéCroyances
 
  • Verviers: la peur du lendemain

    La Vesdre coule paisiblement. Les débris qui la bordent rappellent le traumatisme vécu une semaine plus tôt.

    Dévastée par la Vesdre, l’ancienne cité lainière pleure ses morts, compte ses sinistrés et se prépare aux crises à venir.

Signé duBus
Signé Stéphane Bern
  • Éric Zemmour en cinq points

    BELGAIMAGE-ZEMMOUR

    L’essayiste se voit candidat à la présidentielle des 10 et 24 avril 2022. Il dérange à l’extrême droite et donne des boutons aux autres. On le crédite de 5 % des voix.

  • belgaimage-75520516-full

    Frédéric dard (5 et fin): le temps des honneurs

    Le père de San-Antonio aurait franchi le cap du siècle. Belle occasion pour revenir sur un destin exceptionnel.

  • BMW

    BMW M240i prototype: un baroud d’honneur?

    À l’heure où les constructeurs n’ont d’autre choix que de se tourner vers l’électricité pour assurer leur avenir, BMW remercie ses fans avec un coupé Série 2 qui rassemble ses fondamentaux. Nous avons pu la prendre en main en avant-première.

  • 2021_moto80_BMW_s1000R_0040

    BMW S 1000 R: en pleine maturité

    Nouveau bloc plus puissant, plus léger et conforme Euro 5, nouvelle suspension, ergonomie peaufinée, nouvelle centrale inertielle, ABS Pro de série, nouveau combiné, nouveaux phares LED… la BMW S 1000 R a été sensiblement revue pour le passage à 2021.