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Un mannequin désapprouve le défilé de Gucci autour de la santé mentale

Ayesha Tan Jones, mannequin de la marque, a écrit que la santé mentale n’était pas une mode.

Temps de lecture: 3 min

Alessandro Michele, le directeur artistique de Gucci, a présenté sa toute nouvelle collection printemps-été 2020 ce dimanche 22 septembre à Milan. Et qui dit nouvelle collection dit nouveau défilé. Cette fois, le show s’est articulé autour du thème de la santé mentale, une idée qui n’a pas convaincu tous les mannequins de la maison.

Le nouveau repreneur de 46 ans est connu pour ses idées provocantes qui sortent de la normativité. Et il n’y déroge pas avec ce spectacle, comme l’explique le magazine Marie Claire. Ainsi, le créateur aurait cherché à mettre en place de « Nouvelles formes de subjectivation », un concept tout droit sorti de la tête du philosophe Michel Foucault. Cela voudrait dire que toute personne internalise les règles « au point de se surveiller soi-même, y compris lorsque personne ne regarde », écrit Marie Claire. « Notre présent est au contraire façonné par une ’microphysique des pouvoirs’ qui opère de manière moléculaire à l’intérieur de la société. C’est une forme de gouvernementalité extensive qui, à travers un ensemble d’institutions, de dispositifs et de mécanismes d’assujettissement, impose des règles de comportement intériorisées par les individus. De tels pouvoirs fonctionnent dans le quotidien grâce à des barrières et des interdits, ils empêchent la libre circulation des discours et finissent par créer une société disciplinaire – une société qui contrôle, limite et régule la vie », a indiqué Alessandro Michel dans sa note d’intention.

C’est pourquoi ce dimanche 22 septembre, les mannequins sont apparus sur le podium en camisoles de force. Un accoutrement qui symbolise le carcan sociétal qui rappelle une problématique importante dans le monde de la mode et le monde actuel en général : celle de la santé mentale. « Un uniforme est quelque chose qui vous bloque et vous contraint – qui vous rend anonyme. […] La camisole de force est le type d’uniforme le plus élevé », précise Michele Alessandro.

Les mannequins protestent

Oui mais voilà, toute « l’équipe Gucci », ne valide pas l’idée. Ainsi, le mannequin Ayesha Tan Jones a indiqué au feutre « La santé mentale n’est pas une mode » sur la paume de ses mains… et cela ne faisait pas partie du spectacle.

« En tant qu’artiste et modèle ayant connu mes propres problèmes de santé mentale, ainsi que des membres de ma famille et des proches affectés par la dépression, l’anxiété, le trouble bipolaire et la schizophrénie, il est blessant et insensible pour une grande maison de couture telle que Gucci d’user de cet imaginaire en tant que concept pour un moment de mode éphémère », s’est justifiée la jeune femme sur son compte Instagram, ajoutant que les personnes souffrant d’une maladie mentale restent toujours marginalisées aujourd’hui. « Présenter ces luttes comme des accessoires pour la vente de vêtements dans le climat capitaliste d’aujourd’hui est vulgaire, dépourvu d’imagination et offensant pour les millions de personnes touchées par ces problèmes à travers le monde », a-t-elle poursuivi.

« Les camisoles de force sont les symboles d’une époque cruelle dans la médecine où la santé mentale n’était pas comprise, et où le droit des personnes et leur liberté leur étaient enlevés alors qu’ils étaient abusés et torturés dans des institutions », conclut la jeune femme.

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