Le créateur d’OSS 117 met les choses au clair avant le 3e opus: «Je sais que le choix du réalisateur divise»

Le créateur d’OSS 117 met les choses au clair avant le 3e opus: «Je sais que le choix du réalisateur divise»
D.R.

Les répliques des deux premiers opus sont cultes. « Comment est votre blanquette ? », « J’aime me battre », « À l’occasion, je vous mettrai un petit coup de polish » : autant de punchlines qui laissent à penser que le troisième film de la saga OSS 117 fera à nouveau l’événement. Mais il y a du changement au programme.

Après 10 ans d’absence, le détective le moins habile du cinéma français sera bien sûr incarné par Jean Dujardin. Mais à la réalisation, exit Michel Hazanavicius. Pour le remplacer, Nicolas Bedos sera à la barre de cet opus dont le titre – ainsi que le synopsis d’ailleurs – a été dévoilé : « OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire ».

« Michel voulait faire ce film autrement »

Le film est prévu pour 2021. En attendant, le créateur de la saga cinématographique Jean-François Halin s’est livré, pour BFMTV, au sujet des polémiques qui entourent d’ores et déjà ce troisième film, notamment concernant l’absence de Michel Hazanavicius :

« Il faut que je vous explique. J’ai recréé le personnage d’OSS 117 d’après les livres (de Jean Bruce), qui ne sont pas drôles. Michel Hazanavicius est venu une fois que Jean Dujardin a été choisi, que le scénario a été écrit. C’est moi qui ai conseillé Michel aux producteurs. Au moins une quinzaine de réalisateurs a refusé de réaliser OSS 117 en pensant que c’était soit trop débile, soit trop dangereux, soit trop politiquement incorrect. Le second, nous l’avons écrit, Michel et moi. Le troisième, je l’ai écrit tout seul. Vous avez dû voir écrit que Michel refusait de le réaliser parce qu’il trouvait le scénario mauvais. Michel voulait faire ce film autrement. Il aurait sans doute voulu l’écrire lui-même… »

« Selon moi, on a peut-être même poussé un peu plus loin »

Résultat, il a fallu faire appel à un autre réalisateur, Nicolas Bedos. Et « je sais que ce choix divise », pointe Jean-François Halin. « Tout cela est très passionnel. J’avais une grosse pression dès le départ. Ce sont des films dont le succès nous a un peu dépassés. Il a fallu faire abstraction de toute cette pression », raconte le scénariste. Il livre par ailleurs quelques informations sur le prochain film qui « se passe au début des années 1980 » :

« Je sais qu’il y a eu la volonté de Jean Dujardin et de Michel Hazanavicius de le faire vieillissant, un peu chauve, ayant fait totalement son coming-out. Mais OSS 117, pour moi, c’est Tintin, c’est un héros qui ne vieillit pas. Peut-être qu’il a peut-être un peu plus de mal dans le 3, mais c’est notre beau Hubert Bonisseur de la Bath. Il gagne à la fin. On a envie qu’il soit fort, séducteur ».

« Une ironie dramatique assez facile »

Mais comment diable explique-t-il le succès de la saga ? Tout repose bien sûr sur le personnage incarné par Jean Dujardin et ses répliques, « quelque chose de très français », avec « un peu d’arrogance », certes, « mais avec des failles ». Et de pointer les correspondances entre OSS 117 et l’actuel président français :

« C’est une sorte d’archétype du Français vu de l’étranger. Ce qui a surtout marqué les gens dans le rapprochement entre OSS 117 et Macron, c’est le discours sur la jeunesse dans le second film, ce discours paternaliste, gaulliste et réactionnaire sur les jeunes qui était d’autant plus jubilatoire que le film se déroule un an avant Mai 68. C’est toujours drôle d’inventer des personnages dont la ‘boussole indique le sud’, comme lorsque OSS dit que l’Islam est une religion qui ne va pas durer. C’est une ironie dramatique assez facile, mais efficace ».

 
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