Victoires de la musique: la chanteuse Hoshi porte plainte après un harcèlement lesbophobe

Nommée dans la catégorie «révélation scène», Hoshi a embrassé sur scène lors de la soirée du 14 février une danseuse après avoir interprété son titre «Amour censure» qui dénonce l’homophobie et la «Manif pour tous» en France. D’après le texte de sa plainte consulté par l’AFP et déposée auprès du parquet de Paris, cette prestation a « provoqué de violentes attaques sur les réseaux sociaux », dénoncées par le secrétaire d’État au Numérique Cédric O comme par les associations ‘Stop Homophobie’ ou ‘Urgence Homophobie’.

La plainte vise notamment les faits de harcèlement moral et sexuel «en meute», «menaces de mort et de viols», injures aggravées et provocation à la haine. Elle compile plusieurs dizaines de propos et insultes qui ciblent violemment la chanteuse, principalement sur Instagram mais aussi sur Facebook, Twitter et le site Jeuxvideo.com « Cette plainte illustre combien ce harcèlement est une violence. Ce sont des violences. Le but de cette plainte, c’est à la fois d’y mettre fin, mais aussi d’identifier les auteurs », a déclaré le conseil de la chanteuse, Me Eric Morain.

« Ils ont retrouvé son adresse, menacé de la tuer, de faire du mal à sa famille et à ses fans. Il y a également eu des tentatives de piratage de ses comptes » a dénoncé l’agente de Hoshi, Gia Martinelli. « C’est difficile à porter, surtout pour une fille de 23 ans. Elle veut se battre, y compris pour tous ceux qui ne peuvent pas se battre. On sait qu’il y a des suicides qui découlent de ces harcèlements », a ajouté Mme Martinelli. La chanteuse a déclaré avoir déjà été agressée « deux fois à cause de son homosexualité ».

D’autres cas de cyberharcèlement homophobe sur les réseaux sociaux ont récemment été médiatisés. En janvier, Mila, une lycéenne iséroise, a été menacée de viol et de mort après des propos violents sur l’islam dans une vidéo, en réponse à des insultes homophobes notamment. Fin novembre, une vidéo publiée montrant deux hommes en plein rapport sexuel a provoqué une vague de commentaires homophobes sur Twitter et forcé un jeune homme de Noisiel (Seine-et-Marne) à fuir la France, selon l’association ‘Urgence Homophobie’.

 
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Signé Stéphane Bern