Hugh Laurie: «Mon père était véritablement médecin»

Hugh Laurie: «Mon père était véritablement médecin»
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Après quatre premiers épisodes, la comédie futuriste « Avenue 5 » diffusée par HBO aux USA a déjà une seconde saison en commande. Rencontre à Pasadena avec Hugh Laurie qui ne se départit ni de son humour ni de son flegme et nous promet en prime un troisième interlude musical !

Étiez-vous d’emblée enthousiaste à l’idée d’interpréter un être qui prétend être ce qu’il n’est pas, vous qui êtes acteur ?

Cela m’a surtout intrigué et a attisé dès le début ma curiosité. Comment présenter un personnage qui, d’apparence, accumule tous les succès et qui permet à son entourage de se croire en totale sécurité, mais qui est en fait un véritable imposteur ? Nous avons au pouvoir des individus qui sont sûrs d’eux et imposent leur confiance. Mais au fond, on réalise que la plupart du temps, ils n’en savent pas plus que nous ! On ne sait jamais qui mérite vraiment le respect et l’autorité !

Cette nouvelle série n’est pas sans rappeler les débuts de votre carrière dans « Fry and Laurie » (avec Stephen Fry et diffusé en Angleterre entre 1987 et 1995)…

Oui, tout à fait. C’est avec ce registre que j’ai le plus d’atomes crochus. Mais je me demande si cela n’est pas aussi le meilleur moyen pour moi de retomber dans une certaine anxiété. Et il est vrai que de revenir à ces racines où l’humour et le comique priment fut vraiment grisant mais aussi terrifiant. Il y a beaucoup d’humour à l’écran de nos jours, mais celui qui est vraiment de qualité est plutôt rare. Alors lorsqu’on y parvient, c’est très satisfaisant.

Cela vous a donc permis de replonger dans « vos jeunes années » ?

Je ne suis pas encore assez vieux pour faire de l’humour à propos de mon âge, mais il est exact que cela me replonge dans l’atmosphère d’il y a plusieurs décennies et cela m’a rendu particulièrement heureux !

« Mon père était vraiment médecin ! »

Diriez-vous que le personnage que vous interprétez dans « Avenue 5 » a un parcours et des défauts universels ?

Ryan est une version quand même assez extrême. Il symbolise toutes ces façades que les adultes se croient obligés de faire valoir dans un monde d’adultes et selon différents contextes. Nous faisons tous semblant par moments de faire preuve de confiance et de compétences que nous n’avons que très rarement au bout du compte. La seule qualité humaine qui nous caractérise tous en général est plutôt le doute !

Est-ce que vous pouvez calquer cette réflexion sur votre propre parcours ?

Complètement ! Les remises en question, introspections et autres, je ne fais que cela ces dix dernières années. Faire semblant aussi, et cela de manière poussée et extrême puisque j’ai passé plus de temps à prétendre être docteur (Dr House) que cela ne m’aurait pris de temps de devenir un vrai praticien ! (Rire.) C’est d’autant plus particulier comme expérience que mon père était véritablement médecin ! Et comme la plupart des hommes ont l’impression d’être des imposteurs par rapport à leur propre père, en ce qui me concerne, je ne pouvais pas mieux réussir !

Quelle véritable leçon tirez-vous par rapport à ce rôle ?

Tout le monde passe par cette phase. On essaie de croire ce que l’on projette mais souvent on se demande si cela va vraiment marcher… Ou alors est-ce que je viens de vous révéler quelque chose d’embarrassant et de personnel ?

Il paraît que votre véritable passion reste la musique. Avez-vous l’intention d’enregistrer prochainement un nouveau CD ?

Oui. La musique, c’est ce à quoi je me consacre chaque jour de manière passionnée et dévouée ! M’asseoir au piano est vraiment ce que je préfère et ce que je fais quasiment quotidiennement. Et oui, je compte bien enregistrer un troisième CD très prochainement.

« Je pense que dans la vraie vie, j’aurais aimé côtoyer un Dr House »

Vous n’interprétez plus le Dr House depuis des années maintenant (2012). Avec le recul, pensez-vous que vous auriez pu le côtoyer dans le privé et devenir son ami ?

Oui car il était extrêmement amusant, même s’il m’aurait rendu fou furieux par moments, comme tout le monde. En fait, je me serais bien vu dans la position de Wilson (Robert Sean Leonard). Il était aussi quelque part courageux, capable de prendre des risques, capable de se sacrifier pour les autres et en même temps de sacrifier les autres pour sauver sa peau. C’est la question que posait cette série au fond : est-ce que House était un type qui valait le coup qu’on le côtoie ? Je pense que oui ! Je connais des individus qui sont comme lui plein d’humour mais terribles à vivre au quotidien. En général, l’être humain n’est pas attiré par ceux qui ont de la vertu. On les trouve plutôt ennuyeux qu’autre chose !

Est-ce que les gens dans la rue continuent après toutes ces années à vous demander des conseils d’ordre médical ?

Non, car je ne passe pas beaucoup de temps dans la rue comme la plupart des gens. Et franchement, si cela arrivait, je leur conseillerais gentiment d’aller voir un psychiatre car s’ils confondent un acteur qui a joué un médecin avec un véritable médecin, c’est assez grave ! Mais je dois dire que je me souviens d’une anecdote assez amusante vers la fin du tournage de la série. Nous avions une actrice enceinte de huit mois sur le plateau et j’ai deviné exactement le jour où elle allait accoucher, mais je ne me suis pas permis de le lui dire. Gamin, j’ai pris quelques leçons de secourisme et je devrais être capable d’aider pour un accouchement !

 
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