Pourquoi le sexe masculin ressemble-t-il à un champignon?

Pourquoi le sexe masculin ressemble-t-il à un champignon?
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Il peut prendre de nombreuses formes, celle d’un tire-bouchon pour le cochon et le canard colvert, celle d’un crayon pour le chien qui en érection, se gonfle de deux protubérances à sa base, les « bulbus glandis ». Il est fourchu chez de nombreux marsupiaux, pouvant dès lors s’introduire dans le double vagin des femelles. Il est aussi double et recouvert d’épines kératisées et d’alvéoles chez le varan. Il est doté de crochets chez le porc-épic, afin de stabiliser la pénétration et de blesser la femelle qui n’aura plus envie de s’accoupler avec d’autres mâles. Il se prolonge et se termine par un flagelle – l’urètre – chez le bélier, une fine et souple protubérance qui grâce aux poussées pelviennes, permet l’étalement de la semence sur le col de l’utérus. Il ressemble à une anémone chez les monotrèmes car il se divise en deux parties qui elles-mêmes se séparent en deux protubérances ; les monotrèmes étant cet ordre animal qui se caractérise par le fait qu’ils sont à la fois ovipares et mammifères. Le plus populaire des monotrèmes n’est autre que l’ornithorynque.

Le pénis prend des formes multiples et variées et à chaque fois, la forme semble servir la perpétuation de l’espèce animale et maximiser la probabilité reproductive d’un individu.

Et chez l’humain, pourquoi le sexe masculin ressemble-t-il généralement à un champignon ? Pourquoi le corps du pénis se termine-t-il par la protubérance du gland ?

Sirop de maïs et vagin artificiel

La question a interpellé maints scientifiques et en 2003 une équipe américaine de chercheurs de l’Université d’état de New York publiait une explication (1) plutôt convaincante à ce problème oh combien épineux.

Dans la revue Evolution and Human Behavior, Gordon Gallup et ses partenaires précisaient avoir reproduit partiellement un coït en laboratoire en introduisant des reproductions de pénis de différentes formes dans un vagin artificiel nimbé de sirop de maïs dont la viscosité était la plus proche de celle du sperme. Les scientifiques ont alors constaté que le gland et sa couronne évacuaient le sirop de maïs présent.

Ainsi la forme du pénis humain, couplée aux mouvements de va-et-vient plus au moins profonds et appuyés de l’homme, permettrait d’évacuer le sperme laissé par d’autres partenaires dans l’appareil reproducteur féminin ! Un atout pour une espèce non monogame où la concurrence entre mâles est importante !

Et on comprend aussi pourquoi après avoir joui, nombre d’hommes arrêtent tout mouvement, sous l’effet du plaisir mais parfois aussi par désagrément ; les poussées pelviennes devenant presque désagréables. L’arrêt est salutaire car dans le cas contraire, l’homme évacuerait son propre sperme…

La nature est bien faite !

(1) The human penis as a semen displacement device. Article de Gordon G.Gallup Jr., Rebecca L.Burch, Mary L.Zappieri, Rizwan A.Parvez, Malinda L.Stockwell, Jennifer A.Davis. Article paru dans Evolution and Human Behavior en juillet 2003

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