Les fans veulent «libérer» Britney Spears de sa tutelle, quitte à tomber dans le complotisme

Les fans veulent «libérer» Britney Spears de sa tutelle, quitte à tomber dans le complotisme
BelgaImage

Aujourd’hui, c’est le grand jour pour Britney Spears. Alors qu’elle est sous la tutelle de son père depuis 2008, elle va enfin savoir si la justice estime qu’elle présente des « signes d’amélioration durable de son état mental », ce qui n’est pas le cas depuis les années 2000 où elle avait eu de nombreux déboires et s’était rasée le crâne. En cas de réponse positive, elle pourrait enfin reprendre son indépendance.

Cet événement, bien qu’important pour elle, aurait pu passer quasiment inaperçu, mais c’était sans compter sur sa communauté de fans absolument gigantesque. Beaucoup se sont ainsi donné pour mission de « libérer Britney » de sa tutelle, d’où le hashtag #freeBritney. Selon eux, son père ferait tout pour la garder sous son contrôle et il faudrait l’aider à s’en défaire, même si leurs arguments ont plus l’air d’opinions complotistes que de faits avérés.

Des éléments troublants pour les fans

Les origines de ce hashtag remontent à 2009, peu après que la tutelle de Britney Spears soit allongée une première fois. Dès cette époque-là, un enregistrement sonore fait craindre que la star ne soit forcée à rester à charge de son père sous peine d’être empêchée de voir ses enfants. En 2019, les fans sont alertés par une absence inhabituelle de Britney Spears des réseaux sociaux pendant trois mois et par l’annulation de ses concerts. Selon TMZ, elle se serait retrouvée en maison de repos car très affectée par la mauvaise santé de son père. Mais pour beaucoup de fans, cela cache quelque chose d’autre : elle aurait été internée de force par son père.

A partir de là, la machine s’emballe. Un jour, une personne fait un commentaire sur les réseaux sociaux en demandant à Britney Spears de s’habiller en jaune si elle a besoin d’aide. Peu après, il se trouve que la star, passionnée de mode, publie une photo d’elle… avec un haut jaune. En un rien de temps, le hashtag #freeBritney devient très populaire. La principale intéressée a beau se confier franchement sur le sujet en pesant le pour et le contre de sa tutelle et nier les allégations de ses fans, rien n’y fait.

Une préoccupation qui a versé dans le complotisme ?

Selon Marie Peltier, historienne et spécialiste du complotisme, interrogée par « Le Monde », les propos des fans ont tout d’un « biais de confirmation » classique des thèses complotistes. « Tout ce qui peut confirmer la croyance complotiste va être pris tel quel, comme une information vérifiée, à l’image des choix de tenues de la star. Tout ce qui va contrevenir à cette croyance – comme ses déclarations selon lesquelles elle a d’elle-même annulé son show et demandé à aller en maison de repos – va être ignoré ou va être retourné pour participer au récit : “Elle n’aurait pas pu dire autre chose sans être sanctionnée par son père” », explique-t-elle. Elément supplémentaire qui participe à cette mécanique : la volonté de pas rendre public les détails du bilan mental de la chanteuse.

Pendant ce temps-là, comme le relaie le Huffington Post, les fans tentent de dénicher la moindre information qui pourrait signifier que Britney Spears serait gardée sous tutelle contre son gré. Certains ont par exemple épluché ses clips et trouvé que les nombreuses cages qui y apparaissent seraient un signe de sa « captivité ».

Pour l’avocat Adam Streisand, interviewé par le « Los Angeles Times » et qui a rencontré Britney Spears au début de sa tutelle, tout cela n’a toutefois pas de sens : « Le fait qu’elle soit sous tutelle depuis une douzaine d’années devrait vous donner une idée de son état de trouble mental et de sa vulnérabilité. Les tribunaux feront tout ce qu’ils peuvent pour s’assurer que cette personne ne soit pas sous tutelle à moins qu’elle en ait vraiment, vraiment besoin ».

 
  • Enquête: les anti-vaccins en Belgique

    BelgaImage

    Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Sont-ils dangereux pour la santé publique ? Plongée dans cette nébuleuse anti-vaccins qui se fait de plus en plus entendre en Belgique grâce à la crise du coronavirus. Enquête réalisée avec le soutien du Fonds pour le journalisme en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Signé duBus
Signé Stéphane Bern