«Non, vous n’êtes pas prudent!»: le journaliste de la RTBF explique son coup de gueule contre Pascal Smet

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Capture d’écran

À l’occasion de l’inscription du spéculoos au patrimoine culturel bruxellois, Pascal Smet avait convié des journalistes dans un atelier de boulanger pour une conférence de presse vendredi matin. Mais arrivés sur places, les journalistes se sont retrouvés à une quinzaine dans le petit local. Une situation qu’Éric Boever, de la RTBF, n’a pas trouvée très réfléchie en cette période de coronavirus. « Vous n’êtes pas prudent en organisant ça. Ce n’est pas prudent, excusez-moi », a-t-il lancé à Pascal Smet, ce dernier lui répondant qu’il avait raison, mais lui demandant de ne pas se fâcher. Une réaction qui n’a pas calmé Éric Boever : « Si, je me fâche. Parce que si je ne le dis pas, vous ne le remarquez même pas vous-même. Vous êtes dirigeant et vous ne respectez pas les règles que vous donnez. Les gens ne peuvent pas venir à Noël à plus que quatre et ici on est 15 dans la même pièce. Alors quel message vous donnez ? ». La scène a été filmée, et on y voit les journalistes et cameramans quitter la pièce suite à ce petit accrochage.

Une réaction vive, mais « saine »

Plus tard, Éric Boever a expliqué son coup de sang à ses collègues de la RTBF : « Mon cameraman n’arrivait même pas à filmer. On était plusieurs à se dire ’Mais ce n’est pas possible, qu’est-ce qu’on fait ici entassés dans un petit atelier ?’. Quand le ministre arrive, il commence son speech sur le speculoos. J’étais un petit peu à l’arrière de la foule et c’est vrai que j’ai réagi. Je l’ai interrompu en disant que ce qu’on était en train de faire était totalement illégal et imprudent ». « J’ai été un petit peu vif », admet-il, même s’il réagirait de la même façon si ça se reproduisait : « C’était une réaction autant de journaliste que de citoyen. En tant que journaliste, je me suis même dit qu’il n’y avait pas de sujet à faire sur le speculoos mais plutôt sur la façon de communiquer de la Région bruxelloise ».

Pour lui, une telle conférence de presse ne méritait pas de prendre autant de risques. « Je suis allé dans des unités de soins intensifs Covid, dans des maisons de repos, dans des labos où on devait se protéger. On se disait qu’on prenait un certain risque mais on essayait de le limiter au maximum. Et là, on prenait un risque inutile pour un speculoos. Ça n’avait pas de sens », a-t-il encore expliqué.

La réaction d’Éric Boever était « saine sur le fond », a réagi le directeur de l’information de la RTFB Jean-Pierre Jacqmin, « C’est très difficile de couvrir des événements qui nous concernent tous à ce point-là. Il faut garder de la distance en tant que journaliste, c’est une certitude. Mais ça peut arriver qu’à un moment, il y a un point d’exaspération et c’est ce que ressentent beaucoup de gens maintenant. ».

Du côté de Pascal Smet, le porte-parole a précisé que tous les journalistes qui se sont rendus sur place pour le point presse ne s’étaient pas inscrits à l’avance. Le secrétait d’État bruxellois ne s’attendait donc pas à voir autant de monde dans le petit atelier. « S’il y a bien quelqu’un qui respecte les règles, c’est Pascal Smet », a conclu son porte-parole.

 
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