Des «rivières» d’or à ciel ouvert sont visibles grâce à des photos aériennes en plein de cœur de l’Amazonie

NASA/ISS
NASA/ISS

Des coulées d’or qui scintillent depuis l’espace. Ce sont les photos prises par un astronaute de la Station Spatiale Internationale (ISS). Ces « rivières » ou « cicatrices » qui se répandent sur des hectares sont en réalité le fruit d’extractions illégales d’or dans la forêt amazonienne. Les photos ont été prises dans la région de Madre de Dios au sud-est du Pérou à l’occasion d’une éclaircie nuageuse.

Empoisonnement de l’eau

La présence de ces orpailleurs n’est pas nouvelle, cela fait plus d’une dizaine d’années que des entreprises illégales s’installent dans la région pour récupérer l’or dans les rivières et les sols. En plus d’être illégales, ces extractions sont extrêmement préjudiciables pour la forêt, les populations et toute la biodiversité de la région. En effet, pour extraire l’or, les orpailleurs utilisent du mercure et créent des bassins artificiels. Ce mercure se retrouve alors dans l’eau et vient empoisonner les autochtones mais aussi la faune et la flore.

Selon une étude de l’Institut scientifique américain Carnegie, neuf espèces de poissons, les plus consommées dans la région, ont vu leurs taux de mercure dépasser les normes. Cette contamination ne s’arrête pas aux poissons puisque 78 % des habitants de la ville de Porto Maldonado présentaient aussi des taux alarmants de mercure.

Déforestation inquiétante

Une autre conséquence est celle de la déforestation intensive de la forêt amazonienne. Près de 9.280 hectares de l’Amazonie péruvienne auraient été détruits en 2018. Les indigènes sont alors forcés de quitter leur territoire avec tous les autres problèmes que cela engendre.

Si cette extraction est de plus en plus importante dans la région c’est aussi à cause de la hausse des prix. Les habitants de la région se trouvent parfois obligés de se lancer dans cette activité. En 2016, 90 % de l’or provenant de Madre de Dios provenait de mines artisanales.

Si ce fait est connu, les images sont inhabituelles puisque la zone est couverte par les nuages et donc cachée aux yeux des astronautes et des satellites. Mais en décembre 2020, une éclaircie a permis aux paillettes d’or de briller.

 
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