Christine Berrou démissionne d'Europe 1 pour dénoncer «la censure» d'une blague sur Eric Zemmour

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Après Anne Roumanoff, Pascale Clark, Matthieu Belliard et Julian Bugier, c’est au tour de Christine Berrou de quitter Europe 1. Contrairement aux trois premiers, c’est de son plein gré que l’humoriste a pris cette décision. En cause : la censure de sa blague sur Eric Zemmour. Elle a par ailleurs mis sur Twitter la discussion qu’elle a eue avec une personne d’Europe 1 à ce sujet-là.

Un Zemmour devenu intouchable

Dans ce tweet, Christine Berrou s’exclame en disant « Voilà ce que devient Europe 1 » avant de montrer un copie d’écran de son téléphone. On y voit un membre de la rédaction (au nom caché) lui dire qu’il était « plus raisonnable de retirer cette allusion à Zemmour ». La réponse de l’humoriste ne tarde pas : « J'en suis bien triste, ce qui se passe est grave. Je vous adore comme j'ai adoré cette radio pendant 7 ans. Mais là où la liberté d'expression n'a pas sa place, je n'ai pas ma place non plus. Je démissionne ».

Christine Berrou précise par ailleurs à Télérama le contenu de cette blague. « J’ai enregistré une chronique sur la fête des pères, qui imaginait un enseignant en classe, proposant aux élèves de préparer le traditionnel cadeau: “on va faire des colliers de nouilles! Non, mon papa il est allergique au gluten! Bon alors on va faire des porte-clefs en cuir! Non mon papa il est vegan, il ne porte pas de cuir! Bon alors on va dessiner des bonhommes qui sourient! Non mon papa c’est Eric Zemmour, il aime pas les gens heureux ».

Dans cette même interview, elle ajoute que « cette censure signifie qu’une personne dangereuse est en train de devenir intouchable, et je ne veux pas participer à ça ». Elle affirme également qu’un autre journaliste « a été convoqué par la direction pour un lancement envoyant une petite pique à Eric Zemmour ». « Nous sommes tous des petits rouages de la liberté d’expression. Si l’un des rouages accepte ce type d’entrave, alors la censure devient une normalité (...) Quand j’y pense, c’est un comble : Zemmour ne cesse de se plaindre qu’on ne peut plus rien dire... Mais là, c’est moi visiblement qui ne peut plus rien dire sur lui ».

La « très forte droitisation » d’Europe 1 dénoncée par les salariés

Europe 1 n’a pas souhaité commenter cette affaire qui ajoute encore à la tension ambiante au sein de la rédaction. Ce vendredi, les salariés de la radio ont décidé de faire grève pour dénoncer la « très forte droitisation » de leur chaîne reprise par Vincent Bolloré. Le CSA a en parallèle rappelé à Europe 1 ses obligations légales. L’AFP rappelle que l’autorité de l’audiovisuel a le pouvoir d’enlever à une chaîne radio sa diffusion sur les ondes hertziennes « en cas de modification substantielle des données au vu desquelles l’autorisation avait été délivrée, notamment des changements intervenus dans la composition du capital social ou des organes de direction et dans les modalités de financement ».

Les employés dénoncent déjà la menace de transfuges connus pour être très à droite. C’est notamment le cas de Dimitri Pavlenko, acolyte d’Eric Zemmour sur CNews, qui pourrait selon le Parisien remplacer Patrick Cohen et Nikos Aliagas dans la tranche horaire qui leur était réservée.