Anne Sinclair concède avoir été «probablement naïve» vis-à-vis de Dominique Strauss-Kahn

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Ce lundi, Anne Sinclair était l’invitée de RTL-TVI pour parler de son nouveau livre, « Passé composé », où elle raconte sa vie, de son enfance à aujourd’hui. Sur les 14 chapitres, un retient tout particulièrement l’attention, le 13e, dénommé le « chapitre impossible ». Elle y aborde le cataclysme qu’a représenté pour elle l’affaire du Sofitel, dans laquelle était impliqué son mari, Dominque Strauss-Kahn (dont elle a divorcé en 2013). Interrogée par RTL Info, elle explique comment elle a longtemps fermé les yeux sur les accusations qui pesaient sur les mœurs de son ex-mari.

« On se pose des questions après coup »

Quand il lui est demandé pourquoi elle n’a rien vu, la journaliste est un peu embarrassée, puisqu’elle avoue ne pas pouvoir répondre clairement à cette question. « Je suis probablement naïve. Je fais très confiance, probablement qu'il y a du déni. Je ne peux pas le nier. Quand on ne voit pas ce qui se passe, c'est probablement qu'on ne veut pas voir », tente d’elle d’expliquer. Elle affirme aussi que son mari « n’avait pas de problème » pour la convaincre grâce à ses talents d’orateur politique. « Je comprends que ce soit difficile à comprendre. N'ayant pas d'explications véritables, j'espère qu'on me croit. J'ai l'impression que la sincérité passe quand même », estime-t-elle.

Par contre, elle est catégorique sur un point : elle n’a pas été « sous l’emprise » de son mari et n’a pas vécu que des années de malheur. Anne Sinclair avoue néanmoins que la fin a été longue et très dure. « Il y a eu ce cataclysme et après, on se retourne et on regarde le passé et on se dit comment, pourquoi n'ai-je pas vu ou réagi. On se pose des questions après coup. J'ai traversé des choses fortes, mais pendant le moment, on ne s'en rend pas forcément compte ».

Ces doutes sont à l’image du reste de son livre, où elle se confie sur ses difficultés, comme lorsqu’elle a été éjectée de TF1 en n’ayant qu’une heure pour plier bagage. Selon elle, le directeur de la chaîne à l’époque, Patrick Le Lay, avait très mal réagi à l’initiative de la journaliste de monter une filiale internet. Elle explique aussi comment elle s’est forgée sa carrière, dans un milieu alors très masculin. Enfin, quand elle est interrogée sur ce qu’elle changerait dans sa vie si elle le pouvait, Anne Sinclair confie qu’elle aurait voulu être une mère plus présente et moins accaparée par son boulot.