74e Festival de Cannes: les femmes et les hommes du jury

Mati Diop

Révélée en 2019 avec « Atlantique », son premier long-métrage récompensé du Grand prix à Cannes, Mati Diop est une réalisatrice franco-sénégalaise qui n’a de cesse de revenir à l’Afrique, dont elle parle dans ce film où est évoqué le sort des migrants.

Nièce du grand réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambéty, réalisateur de « Touki Bouki », la cinéaste de 39 ans avait déjà été remarquée avec « Mille soleils », en 2013. Un moyen métrage documentaire qui suivait l’acteur de « Touki Bouki » et dialoguait avec le film de son oncle, qu’elle a peu connu.

Actrice à ses heures, notamment chez Claire Denis dans « 35 rhums » (2008), elle est une admiratrice du cinéma onirique du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, en compétition cette année.

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Mylène Farmer

Parfois qualifiée de « Madonna française », Mylène Farmer, 59 ans, est une chanteuse admirée de millions de fans et véritable icône au sein de la communauté gay. Avec 35 millions de disques vendus, cette figure de la pop culture, connue pour ses shows grandioses à travers l’Europe et jusqu’en Russie ainsi que ses clips, jouit d’une renommée internationale.

Celle dont certains des plus grands succès, « Libertine », « Sans contrefaçon » ou « California », ont rencontré leur public via des clips considérés comme de véritables petits films, a collaboré avec des cinéastes et photographes de renom : Peter Lindbergh, Abel Ferrara, Luc Besson… En 2018, la chanteuse à la crinière rousse a rejoint le casting du film d’horreur « Ghostland », récompensé au Festival du film fantastique de Gérardmer.

Mélanie Laurent

Jeune orpheline juive assoiffée de vengeance chez Tarantino (« Inglourious Basterds ») ou citoyenne engagée pour l’environnement (« Demain » de Cyril Dion, présent cette année à Cannes), Mélanie Laurent, 38 ans, multiplie les casquettes.

Actrice, scénariste, réalisatrice, elle mène une carrière des deux côtés de l’Atlantique : en France, elle a été découverte dans « Je vais bien, ne t’en fais pas » (2006) et a déjà reçu deux Césars. Elle est devenue célèbre grâce à Quentin Tarantino et une danse improvisée, en 2009, sur les marches de Cannes.

Elle a aussi réalisé un film américain « Galveston », qui se déroule en plein Texas, et présentera en septembre sur la plateforme Amazon son dernier film, « Le Bal des folles », sur des femmes internées au XIXe siècle.

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Maggie Gyllenhaal

Enfant de la balle comme son frère Jake, Maggie Gyllenhaal, 43 ans, a été révélée au grand public dans « Donnie Darko » (2001) et « La Secrétaire » (2002). Elle accède à une reconnaissance mondiale grâce à « The Dark Knight » de Christopher Nolan (2008), où elle incarne la dame de cœur de Bruce Wayne alias Batman. En 2009, elle fait l’unanimité dans « Crazy Heart » qui lui vaut une nomination aux Oscars.

Elle est également connue des amateurs de série grâce à son rôle dans « The Deuce », série sur l’industrie du porno, dont elle est également productrice. Elle travaille actuellement sur son premier film, inspirée d’un roman à succès d’Elena Ferrante.

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Song Kang-ho

Acteur fétiche de Bong Joon-ho, il a été le père de famille roublard de « Parasite », Palme d’or 2019 ensuite récompensé de l’Oscar du meilleur film à Hollywood. En 26 ans de carrière, le Sud-Coréen a joué dans 40 films dont « Memories of Murder » (2003) et « Snowpiercer, le Transperceneige » (2013), film de science-fiction dystopique réalisé par Bong Joon-ho.

Le public international l’a découvert en 2009 dans « Thirst, ceci est mon sang », un conte baroque cruel où il incarnait un prêtre parti en Afrique tester un vaccin contre un mystérieux virus mortel avant d’être transformé en vampire. Récompensé de l’« Excellence Award » au Festival du film de Locarno (Suisse) en 2019, il a été en 2020 sur la liste du « New York Times » des « 25 meilleurs acteurs du 21e siècle ».

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Tahar Rahim

Premier rôle dans la série à succès de Netflix « Le Serpent », où il incarne le tueur français Charles Sobhra, et nommé aux Golden Globes et aux Bafta pour « Désigné Coupable », Tahar Rahim est l’acteur français à qui tout réussit. À 39 ans, l’acteur mène une carrière éclectique en France et aux États-Unis.

Il a été révélé en 2009 dans « Un prophète » de Jacques Audiard, où il tenait le premier rôle, celui d’un détenu. Ce drame intense a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes et 9 César, dont celui de meilleur espoir masculin et meilleur acteur. Il revient en compétition à Cannes en 2013 avec « Le Passé » de l’Iranien Asghar Farhadi et « Grand Central » de la Française Rebecca Zlotowski. Il a également été vu dans la série « The Eddy » sur Netflix, avec sa femme, l’actrice Leïla Bekhti.

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Kleber Mendonça Filho

Représentant de la nouvelle vague brésilienne, le réalisateur, 52 ans, a marqué le festival de Cannes en 2019 avec « Bacurau », film de genre politique récompensé du prix du Jury ex-aequo avec « Les Misérables » de Ladj Ly. Pourfendeur de la politique de Bolsonaro, il avait déjà séduit la Croisette en 2016 avec « Aquarius », chronique de la société brésilienne et des excès du capitalisme à travers le portrait d’une femme libre, en guerre contre une société immobilière qui veut la déloger, avec son actrice fétiche Sonia Braga.

Né à Recife (nord-est du Brésil), Kleber Mendonça Filho a débuté comme programmateur et critique de cinéma tout en réalisant des courts métrages. « Les Bruits de Recife », son premier long métrage, avait été dévoilé au Festival du Film de Rotterdam en 2012.

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Jessica Hausner

Ancienne élève de Michael Haneke, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner, 48 ans, a vu son film « Little Joe », en lice pour la Palme d’or en 2019, primé pour la meilleure interprétation féminine remportée par l’Anglo-Américaine Emily Beecham. Ce long métrage évoquait des manipulations génétiques dans un futur assez proche où l’actrice jouait une phytogénéticienne à la fois très pointue et borderline qui travaille dans le développement de nouvelles plantes.

Avant ce premier projet en anglais, l’ancienne étudiante en psychologie et en cinéma a créé sa société de production – Coop 99 – et signé plusieurs longs métrages. Parmi eux : « Lovely Rita » en 2000, sur une adolescente à la dérive, « Lourdes », avec Sylvie Testud, interrogation sur les miracles et la foi, et « Amour Fou », en 2015, présenté à Un certain regard, sur le suicide du poète allemand Heinrich von Kleist.

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AFP