L’acteur Saïd Bogota jugé aux assises pour tentative d’assassinat

2021-09-13 08_32_18-Said Bogotà (@saidbogota) • Photos et vidéos Instagram
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Un après-midi de décembre 2018, une habitante de Saint-Chéron, en Essonne, découvre médusée en ouvrant sa porte un jeune homme couvert de sang, en sous-vêtements et cherchant du secours.

Grièvement blessé à la tête, souffrant de multiples brûlures, il est placé en coma artificiel.

À son réveil, il dévoile aux enquêteurs avoir été enlevé dans le garage automobile où il travaille en tant qu’apprenti, puis avoir été transporté en voiture dans une cave d’immeuble. Là, ses trois agresseurs lui font boire de l’acide chlorhydrique et le frappent.

Une voisine s’étonnant du bruit, les ravisseurs emmènent leur victime dans un champ, poursuit-il.

Il reçoit alors deux tirs de flashball à la tête, vraisemblablement à bout portant, du gaz lacrymogène au visage, des coups de clé à molette sur le crâne puis est aspergé d’essence avant d’être incendié. Ses déclarations sont confirmées par des examens médicaux.

Parmi les trois agresseurs, dont deux tout juste majeurs au moment des faits, l’adolescent reconnaît formellement l’acteur Saïd Bogota, 28 ans, qu’il désigne comme le commanditaire du guet-apens. «  Il a vu ma tête, il me connaît, il faut le tuer », aurait crié Saïd Bogota pendant qu’il molestait l’adolescent, décrit ce dernier.

Lors de ses différentes auditions, le comédien a reconnu une partie des violences mais nié avoir voulu tuer. Il s’agissait juste de «  mettre la pression » sur le jeune homme afin qu’il quitte sa petite amie, une ex-compagne de Saïd Bogota.

Actuellement en détention provisoire, l’acteur au casier judiciaire vierge doit comparaître pour enlèvement, séquestration et tentative d’assassinat, aux côtés de trois autres hommes.

« Dans ce dossier, l’intention d’homicide sera au cœur des débats, ainsi que la personnalité particulièrement intéressante de cet acteur très apprécié du grand public », analyse son avocate, Me Sarah Mauger-Poliak, pour l’AFP.

Les jurés devront également déterminer la responsabilité de chacun dans les sévices infligés à la victime, les versions des accusés ne concordant pas.

Le verdict est attendu le 21 septembre.