Femmes à l’honneur mais peu de diversité: cinq points à retenir des Emmy Awards

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Honneur aux femmes face aux épreuves

L’actrice et scénariste Michaela Coel récompensée pour son douloureux récit des suites d’un viol dans « I may destroy you », la danseuse et chanteuse Debbie Allen, victime de racisme dans sa jeunesse, honorée par un Emmy spécial : la soirée a mis à l’honneur les histoires de femmes surmontant les épreuves. « Je dédie cette histoire à toutes celles qui ont survécu à une agression sexuelle », a lancé Michaela Coel, première femme noire à recevoir une statuette pour le meilleur scenario d’une série limitée, l’un des grands moments de la soirée.

L’actrice et autrice britannique de 31 ans s’est inspirée de sa propre histoire pour sa série coup de poing, campée dans l’univers des nuits festives de Londres. L’œuvre, sortie durant l’été 2020 sur la BBC et HBO, suit Arabella, jeune écrivaine noire à succès, dans sa reconstruction après avoir subi un viol dans un bar qui ne lui revient d’abord que par flashes. Michaela Coel y filme avec franchise et sans tabou des scènes banales mais violentes, qui interrogent aussi la notion de consentement.

Debbie Allen a reçu pour sa part un « Governors award », un prix d’honneur pour couronner sa carrière, qui va bien au-delà de la série musicale « Fame » dans les années 80. « Que ce moment résonne pour les femmes du monde entier, du Texas » où l’avortement est désormais interdit après six semaines de grossesse, « à l’Afghanistan  », où les talibans sont revenus au pouvoir, a clamé Debbie Allen, très émue.

Service minimum pour la diversité

Un maître de cérémonie noir, en la personne de l’acteur « Cedric the entertainer », héros de la série familiale « The neighborhood » sur CBS, Debbie Allen et Michaela Coel couronnées, la nageuse paralympique Jessica Long – et ses prothèses apparentes à l’écran – remettant une statuette, la diversité avait bien une place sur le plateau de Los Angeles.

Mais finalement très peu dans les récompenses. Les douze Emmys pour les meilleurs acteurs et actrices, ou seconds rôles dans les catégories les plus en vue sont allés exclusivement à des protagonistes blancs. De quoi alimenter une nouvelle fois les critiques récurrentes contre les grandes cérémonies comme les Oscars et les Golden Globes. « Emmyssowhite » (Emmy si blancs), a d’ailleurs titré le site spécialisé The Wrap, qui souligne que des acteurs et actrices de couleur concouraient pourtant dans « quasiment toutes les catégories  ».

Pas de prix pour Michael K. Williams

Il n’aura jamais été récompensé malgré cinq nominations aux Emmy Awards. Retrouvé mort chez lui, à Brooklyn, à l’âge de 54 ans, Michael K. Williams, aurait pu être consacré dans la catégorie du meilleur second rôle dans une série dramatique, pour « Lovecraft Country » (HBO), à mi-chemin entre science-fiction et film d’horreur, sur fond de ségrégation raciale en Amérique dans les années 50.

« Michael était un acteur brillamment talentueux, et un être humain généreux parti bien trop tôt  », lui a rendu hommage l’actrice Kerry Washington. Mais l’Emmy est allé au Britannique Tobias Menzies, qui joue le prince Philip dans la quatrième saison de The Crown. L’acteur new-yorkais était devenu célèbre pour son interprétation d’Omar, un personnage atypique et incontournable de la série culte « The Wire ».

Et à la fin, c’est « Saturday night live » qui gagne

C’est l’une des émissions satiriques les plus anciennes de la télé américaine et année après année, elle continue de rafler les récompenses. Si bien qu’il est difficile de tenir un décompte précis : selon les cas, les sites spécialisés créditent l’émission de 70 à 80 statuettes remportées en 46 saisons.

Dimanche soir, « Saturday night live », diffusée sur NBC depuis 1975, a notamment reçu l’Emmy awards de la meilleure émission à sketches. L’émission culte était en perte de vitesse mais les années Donald Trump lui ont redonné du lustre. Pendant la dernière élection présidentielle américaine, les duels entre Jim Carrey en Joe Biden et Alec Baldwin en Donald Trump ont beaucoup plu.

L’étoile de la « Servante écarlate » pâlit

En 2017, « La Servante écarlate » était devenue la première série diffusée sur une plateforme de vidéo à la demande à décrocher l’Emmy de la meilleure série dramatique. Mais l’intérêt du public pour cette adaptation du roman dystopique de Margaret Atwood mettant en scène une Amérique autoritaire et oppressive à l’égard des femmes, s’est émoussé au fil des saisons.

Malgré 21 nominations cette année, « La Servante écarlate » est repartie bredouille dimanche soir, une défaite sans commune mesure dans l’histoire des Emmy Awards. Netflix et sa série « The Crown », qui retrace de manière romancée la vie de la famille royale britannique, ont par contre triomphé dimanche soir aux Emmy Awards en remportant le prix de la meilleure série dramatique.

La série a également raflé les Emmys du meilleur acteur et de la meilleure actrice. Depuis son lancement en 2007, la plateforme de vidéo à la demande a collectionné les nominations mais n’avait jamais remporté jusqu’à présent d’Emmy Award, équivalent des Oscars de la télévision américaine, dans les catégories les plus prestigieuses (série dramatique, comédie ou série limitée).

 
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