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Les effets du «Dry January» sur votre sexualité

Arrêter (ou contrôler) sa consommation a de nombreux bénéfices pour la santé en général et le bien-être sexuel en particulier

Journaliste Temps de lecture: 3 min

Sans doute la pandémie découragera-t-elle quelques un.e.s à se lancer dans le « Dry January ». Dans cette période de tension, si ce n’est de dépression, la consommation d’alcool peut paraître un moyen facile de se détendre.

Pourtant se priver d’alcool pendant un mois (et davantage) est des plus bénéfiques pour la santé, si l’en croient les nombreuses études scientifiques disponibles notamment sur le site anglais de « Alcohol Change UK », l’organisation de bienfaisance qui a lancé la campagne « Dry January » en 2013 : réduction de la pression artérielle, du cholestérol, du risque de diabète, des niveaux de protéines liées au cancer. Les milliers de participant.es à ce « Janvier sec » interrogés par Richard de Visser, expert en psychologie de la santé de l’Université de Sussex ont aussi noté qu’i.elle.s avaient économisé de l’argent (pour 88 % d’entre eux), qu’i.elle.s contrôlaient mieux leur consommation alcoolisée (80 %), dormaient mieux (71 %), avaient plus d’énergie (67 %), perdu du poids (58 %), gagné en concentration (57 %) et avaient une plus belle peau (54 %).

Mais rien dans ces études n’était mentionné en ce qui concerne la vie intime. Pourtant ne pas boire soutient la vie sexuelle. Certes l’alcool porte le désir et désinhibe, aidant tous ceux et toutes celles qui se sentent trop timides ou angoissé.e.s par l’intimité. Certes l’alcool participe au lâcher-prise lors de rapports sexuels mais ce rôle d’aphrodisiaque fonctionne seulement pour de petites quantités d’alcool et même à ce niveau, il peut desservir quand on croit que ce type de boisson est indispensable pour que la relation sexuelle se passe bien. Une dépendance s’installe.

Et ne parlons pas des effets négatifs d’une quantité plus importante de bières, vins et autres gins. Après un certain nombre de verres – celui-ci varie en fonction du sexe et de la masse corporelle – l’alcool nuit à la sexualité. Pour les hommes comme pour les femmes. Pour les premiers, trop boire fragilise l’érection et l’orgasme. La rigidité du pénis est moindre et la jouissance peut être difficile à atteindre. Pour les secondes, trop d’alcool empêche une bonne érection du clitoris qui se gorge moins de sang et diminue la lubrification vaginale, ce qui peut rendre le rapport douloureux.

De plus, une consommation régulière importante – soit environ 4 verres par jour selon certains médecins – peut nuire à la fertilité en perturbant le fonctionnement hormonal. À nouveau chez les hommes comme chez les femmes. En ce qui concerne les premiers, la diminution de sécrétion d’androgènes peut faire chuter le désir et rendre l’orgasme difficile. Pour les femmes, trop d’alcool peut rendre les règles irrégulières et avancer l’apparition de la ménopause…

Il faut aussi mentionner combien l’alcool peut désinhiber à un point tel qu’on oublie des précautions sanitaires et le port du préservatif. Ou qu’on fait fi du consentement de l’autre et abuse. On sait aussi combien l’alcoolisme engendre la violence sexuelle…

Autant d’éléments qui devraient nous convaincre de faire ou refaire le Dry January ! Dans notre pays, le service public fédéral Santé Publique estime que 6 % de la population boit trop d’alcool ! Pour les femmes, la limite se situe à plus de 14 verres par semaine, et pour les hommes à plus de 21 verres…

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