De l’acteur le plus mieux payé d’Hollywood à «cupide et paresseux»: la carrière de Bruce Willis à la loupe
Bruce Willis a été propulsé au sommet avec « Die Hard » en 1988. Il fut payé 5 millions de dollars : l’un des plus plus gros salaires jamais donnés à un acteur à Hollywood à cette époque . Cette année, Bruce Willis avait droit à une catégorie à son nom aux Razzies, une cérémonie de remise de prix qui récompense le pire de ce qui se fait à Hollywood. Comment en est-il arrivé là ?

En 2013, Sylvester Stallone qualifiait Bruce Willis de « cupide et de paresseux », ajoutant que c'était « le meilleur moyen de rater sa carrière ». Stallone avait proposé à Willis trois millions de dollars pour trois jours de travail sur « Expendables 3 ». Bruce Willis en avait demandé un de plus.
Bruce Willis a tourné 8 films en 2021 : aucun n’est sorti au cinéma
Stallone avait peut-être raison: près de dix ans après sa déclaration, Bruce Willis est passé de l'acteur le mieux payé d'Hollywood à l'acteur ayant sa propre catégorie aux Golden Raspberries Awards (ou les Razzies), qui récompensent le pire du cinéma hollywoodien. Cette année, il était en lice pour 8 films dans la catégorie « La pire performance de Bruce Willis dans un film de 2021 ». Tous les films dans lesquels il a joué en 2021 sont directement sortis sur les plateformes de vidéo à la demande.

Dans les années 2000, Bruce Willis a montré des signes de lassitude par rapport à sa carrière qui avait pourtant formidablement bien démarré. Il ne jouait plus que des outsiders dans des films d'action. Il a commencé à accepter des rôles dans des thrillers « faciles » et jouait avec une oreillette pour ne pas avoir à apprendre son texte.
Il a bien tenté un dernier tour de piste prestigieux en 2015: il est remonté sur les planches, à Broadway, dans une adaptation de « Misery ». Les critiques ont descendu sa performance. On le disait « inerte » et « vide ».
Quelques minutes à l’écran et plusieurs millions de dollars dans la poche
Au final, sur les conseils du producteur Randall Emmett, il n'a plus fait qu'apparaître dans des films médiocres: quelques minutes au début, autant à la fin, une poignée de jours de tournage et voilà un million de dollars facilement gagné. Exemples? Dans « Hard Kill », Bruce est à l'écran pendant un total de sept minutes; dans « Extraction », huit, et dans « Survive in the Night », moins de dix.

Ces huit dernières années, Bruce Willis a fait 29 films dont 20 étaient des productions Emmett. 23 sont sortis directement en streaming et 16 ont obtenu moins de 10% sur le site Rotten Tomatoes, la bible des cinéphiles.
Comme Nicolas Cage, on a dit Bruce Willis aux prises avec des problèmes d'argent. L'industrie du film de série B est de l'argent facilement gagné. Une production hollywoodienne rapporte plus mais met aussi bien plus de temps à être montée.
En 2020, Esquire se demandait: « Pourquoi Bruce Willis continue-t-il à faire des films qu'il déteste? »
Au début de sa carrière, il est l’un des acteurs les mieux payés d’Hollywood
Bruce a connu le succès avec « Die Hard » en 1988. A l'époque, il fut payé 5 millions de dollars, l’un des plus gros salaires jamais reçus par un acteur à Hollywood. Le New York Times n'en revenait pas: « Si Bruce Willis reçoit 5 millions de dollars, combien pour Robert Redford? » La 20th Century, distributeur du film, insistait sur le fait que Bruce Willis en valait la peine. Le succès du film fut tel que « Die Hard 2 » sortait deux ans plus tard.
En 1994, alors que la presse se demande si « Die Hard » n'était pas un heureux hasard pour Bruce, Quentin Tarantino le fait jouer dans « Pulp Fiction ». En 1995, le troisième volet de « Die Hard » est le plus rentable de l'année. Trois ans plus tard, l'histoire se répète avec « Armageddon ». C'est ce que le public veut voir: Bruce Willis qui joue Bruce Willis.

Au final, c'est peut-être ça qui a fait sombrer sa carrière: les films de Bruce Willis ne s'adressaient plus, ces dernières années, qu'aux fans de Bruce Willis. Ils vont devoir faire avec une dernière poignée de mauvais films. Bruce Willis, souffrant d'aphasie, arrête sa carrière.








