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Trop travailler est dangereux pour la santé

De lourds horaires de travail sont associés à des risques plus élevés d’AVC et de maladies cardiaques, selon une vaste étude publiée par l’OIT et l’OMS

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En Belgique, sauf disposition contraire, un horaire à temps plein limite la durée de travail à 38 heures par semaine. Et on s’en félicite car de longues heures de travail augmentent la mortalité liée aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport publié il y a quelque mois par l’OIT, l’Organisation Internationale du travail et l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé.

Premier facteur de risque de maladie professionnelle

Travailler 55 heures ou plus par semaine est associé à une hausse estimée de 35 % du risque d’AVC et de 17 % du risque de mourir d’une cardiopathie ischémique par rapport à des horaires de 35 à 40 heures de travail par semaine. Les longues heures de travail sont responsables d’un tiers du total des décès dus au travail. Les horaires aussi lourds deviennent ainsi le premier facteur de risque de maladie professionnelle

Pour arriver à ces conclusions, l’étude a analysé les résultats de 37 études sur les cardiopathies ischémiques (plus de 768 000 participants) et de 22 études sur les accidents vasculaires cérébraux (plus de 839 000 participants). Elle s’est encore penchée sur les données de plus de 2 300 enquêtes recueillies dans 154 pays de 1970 à 2018. Les chiffres auxquels elle aboutit, sont inquiétants. En 2016, pas moins de 398 000 personnes sont mortes d’un accident vasculaire cérébral et 347 000 d’une maladie cardiaque pour avoir travaillé au moins 55 heures par semaine. Cela représente une hausse des décès importante depuis l’an 2000 de 19 % pour les AVC et de 42 % pour les cardiopathies. La plupart des décès enregistrés concernaient des personnes âgées de 60 à 79 ans, qui avaient travaillé pendant 55 heures ou plus par semaine lorsqu’elles avaient entre 45 et 74 ans.

Gare au télétravail

Et si la situation est surtout préoccupante dans les régions du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est, on s’inquiète pourtant des résultats de cette étude qui met en évidence les liens entre durée de travail et morbidité car le nombre de personnes travaillant de longues heures est en augmentation, représentant aujourd’hui 9 % de la population mondiale. Même chez nous, il faut rester vigilant car de nombreux indépendants travaillent plus de 55 heures par semaine et même pour les employés, les conditions de travail ont évolué. Le Covid a changé notre façon de travailler et privilégié le télétravail. Or il est observé que travailler chez soi a le gros désavantage de rendre bien plus floue la séparation entre le privé et le professionnel.

« La pandémie de COVID-19 a considérablement changé la façon dont de nombreuses personnes travaillent », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Le télétravail est devenu la norme dans de nombreux secteurs d’activité, estompant souvent les frontières entre la maison et le travail. Par ailleurs, de nombreuses entreprises ont été contraintes de réduire ou d’interrompre leurs activités pour économiser de l’argent et les personnes qu’elles continuent d’employer finissent par avoir des horaires de travail plus longs. Aucun emploi ne vaut que l’on prenne le risque d’un accident vasculaire cérébral ou d’une maladie cardiaque. Les gouvernements, les employeurs et les travailleurs doivent collaborer pour convenir de limites permettant de protéger la santé des travailleurs. »

« Travailler 55 heures ou plus par semaine représente un grave danger pour la santé », a ajouté la Dre Maria Neira, Directrice du Département Environnement, changements climatiques et santé à l’Organisation mondiale de la Santé. « Il est temps que tous – gouvernements, employeurs et salariés – nous admettions enfin que de longues heures de travail peuvent entraîner des décès prématurés. »

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