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Prix de l’énergie: au secours!

L’édito de Benoît Franchimont.

Rédacteur en chef adjoint Temps de lecture: 2 min

Le gouvernement s’est finalement mis d’accord sur un chèque mazout de 225 euros. Ce montant sera versé aux utilisateurs de fioul (et de propane), alors que les consommateurs de gaz et d’électricité bénéficient, eux, d’une baisse de TVA de 21 à 6 %. Mais cela reste des cacahuètes… Fin de semaine passée, le prix du litre de mazout extra est passé à 1,5065 euro, pour une livraison de moins de 2.000 litres. Pour un particulier qui injecte 1.500 litres dans sa citerne, par exemple, voilà une facture de 2.260 euros à régler. Le chèque de 225 euros ne va donc pas vraiment adoucir la note ! Et pour les ménages qui se chauffent au gaz, malgré la baisse de TVA, la facture moyenne annuelle va dépasser les 2.500 euros, avec un risque que les prix s’envolent encore davantage. Malgré l’embargo partiel sur le pétrole russe et bientôt sur le gaz, il n’y a pourtant pas de pénurie, nous assure-t-on. Les réserves de gaz pour l’hiver prochain sont déjà constituées chez nous à plus de 90 % ! Mais un jeu malsain de spéculation fait grimper les prix. La situation de l’électricité est encore plus scandaleuse : plus de la moitié de notre électricité est produite par des centrales nucléaires qui sont amorties depuis des années, mais les prix flambent tout de même.

Tout profit pour les gros producteurs : Electrabel a ainsi affiché un bénéfice net de 1,92 milliard en 2021. Même les solutions alternatives deviennent impayables : le prix des pellets, pour prendre cet exemple populaire, pourtant fabriqués localement, progresse nettement. Le gouvernement fédéral semble complètement dépassé, rejetant la faute sur le marché. Il est urgent de stopper cette folie, qui conduit nombre de familles dans des difficultés financières insurmontables et qui provoque des tensions sociales qui ont un impact direct sur nos démocraties (voyez le succès de l’extrême droite française qui avait fait campagne sur le pouvoir d’achat). Toujours prompte à imposer des règles, l’Union européenne ne pourrait-elle pas agir, en corsetant, même temporairement, ce grand méchant marché, le temps de laisser passer la vague ?

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