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Comment créer une belle prairie fleurie

Comment transformer une pelouse monotone en havre de paix coloré pour les insectes.

Rédacteur en chef adjoint Temps de lecture: 3 min

Avec les sécheresses à répétition, nombre de pelouses tondues à ras se transforment en tapis jaunâtre qui n’abrite plus aucune vie. C’est peut-être l’occasion de consacrer un morceau de votre jardin à la création d’une prairie fleurie, qui va devenir un havre de paix pour les insectes, si utiles dans notre environnement. L’idée n’est pas de transformer toute votre pelouse en prairie que vous ne tondrez plus, mais bien de laisser à l’état naturel une partie de celle-ci.

Comment procéder ? Voici votre planning en 5 points.

1. Repérer d’abord la zone la plus propice. Une prairie fleurie doit être bien ensoleillée, et éloignée de murs ou d’arbres qui feraient trop d’ombre, explique Natagora dans une fiche technique très utile. Autre bon conseil : choisissez une zone pauvre (les zones riches sont propices au développement de plantes envahissantes comme l’ortie, et beaucoup moins aux fleurs). Comment repérer une zone pauvre ? Ne s’y trouvent que peu de pâquerettes ou de trèfles blancs, des plantes qui adorent les sols riches en azote notamment.

2. Délimiter la parcelle grâce à des piquets et une corde, pour éviter qu’on ne vienne y marcher. Si vous avez un robot-tondeuse, vous pouvez entourer la zone avec des arches en acier robustes prévues à cet effet (mais de bons rondins de bois de 8-10 cm de diamètre font aussi l’affaire, en laissant des espaces pour le passage des animaux comme les hérissons).

3. Laisser faire ou semer. Vous pouvez d’abord observer ce qui pousse. Si le gazon est trop dense, retournez la terre par endroits pour laisser la possibilité à d’autres plantes de se développer. Si le résultat ne vous plaît pas, procédez à un sursemis. Comment faire ? Au mois de septembre, tondez ou fauchez à ras cette pelouse, scarifiez-la et procédez ensuite à un semis à la volée de graines de fleurs vivaces indigènes (vérifiez bien ce critère au moment de votre achat). Au printemps suivant, pratiquez encore 2 à 3 tontes afin de permettre aux jeunes plantules de commencer leur croissance sans être directement étouffées par les graminées en place, conseille Natagora. Laissez ensuite pousser votre prairie fleurie durant toute la belle saison.

BelgaImage
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4. Entretenir une prairie fleurie demande un peu d’huile de coude, mais prend moins de temps et d’énergie qu’une tonte régulière. Pour une petite surface, une faux bien aiguisée suffira. Pour une surface plus grande, une débroussailleuse à fil est un plus (sur batterie si possible !). Fauchez une seule fois, entre fin septembre et mi-octobre, quand l’herbe est bien sèche, les insectes moins actifs et toutes les graines de fleurs tombées au sol. Fauchez à une hauteur comprise entre 5 et 10 cm. Commencez au centre et progressez vers les bords, pour éviter d’emprisonner la faune qui voudrait fuir. Attention !, gardez un quart de votre zone intacte, non fauchée : elle servira de refuge à certains insectes qui y passeront l’hiver ou y déposeront leurs œufs. Variez chaque année l’emplacement de cette zone refuge, pour éviter qu’elle ne se transforme en taillis. Rassemblez l’herbe et les fleurs coupées en tas, que vous laissez sur la prairie quelques jours. Ensuite évacuez ces matières (vers votre compost, en paillis au pied des arbres, ou sur un tas dans un endroit discret du jardin, pour un abri idéal pour les hérissons). Le but de cet export de matières est d’appauvrir le sol, de manière à favoriser les fleurs. Si vous broyez l’herbe sur place, le sol va au contraire s’enrichir.

5. Rajeunir la prairie si les adventices prennent le pouvoir. Au moment de la fauche, vous pouvez mettre à nu quelques zones (sarclées et grattées avec une griffe de jardin) pour permettre la germination des fleurs (mais aussi l’installation d’abeilles qui nichent dans le sol). Si nécessaire, vous pourrez aussi, après quelques années, recommencer un sursemis comme expliqué au point 3.

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