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«Andor»: attention, «Star Wars» revient et Diego Luna se confie! (vidéo)

L’acteur enchaîne les films d’action, à l’instar de « Rogue One : A Star Wars Story » en 2016. Tant et si bien que la galaxie lointaine, très lointaine, lui fait reprendre du service dans sa nouvelle série « Andor ».

Temps de lecture: 6 min

Qu’est-ce qui vous a donné envie de consacrer une série entière à votre personnage de « Rogue One » ?

J’étais avant tout très heureux et excité par la chance de pouvoir revenir dans cet univers avec tous ces gens formidables. Très vite, mon instinct m’a dit que c’était le bon projet et le bon moment. « Rogue One » est un film incroyable, mais il se concentre sur un seul événement (la mission pour voler les plans de l’Étoile de la mort utilisés par Luke, Han et Leia dans « Star Wars », NDLR). Alors que le long format d’une série nous permet de mieux comprendre d’où vient le personnage de Cassian, et ce qui est arrivé dans sa vie pour qu’il accepte de tout sacrifier pour la cause, quitte à s’engager dans une mission suicide comme celle de « Rogue One ». Je me suis dit que c’était une histoire intéressante à découvrir, nous offrant la chance de voir la vie quotidienne de gens banals vivant dans cette galaxie lointaine, très lointaine.

Avez-vous abordé Cassian comme le même personnage que celui de « Rogue One » ?

C’est bien le même mec, je vous l’assure (rires) ! En remontant le temps, ça nous offre l’opportunité de le mettre dans une situation complètement différente. Il a cinq ans de moins, ce qui explique son attitude plus juvénile. Il est moins certain de ce qu’il peut accomplir aussi. Et le contexte politique est différent pour la galaxie entière, encore contrôlée par l’Empire. Le réveil va bientôt prendre place, la révolution va commencer. On a pris beaucoup de plaisir à imaginer le chemin liant ces deux moments dans la vie de Cassian, avec cette obligation de finir là où « Rogue One » commençait. Il fallait que tout prenne sens, que la connexion opère. C’est une autre approche de la narration, et c’était beau de partager ça avec Tony.

Tony Gilroy est aux commandes. Qu’a-t-il apporté de son expérience sur des des films comme « Jason Bourne : L’Héritage » ou « Duplicity » ?

Il a trouvé beaucoup d’idées pour nourrir le passé de Cassian. On remonte cinq ans dans le temps, mais aussi plus loin encore, dans son enfance notamment. Il a voulu raconter l’histoire entière d’un homme arrivant au point de bascule où une cause politique prime sur son individualité. Tout ça n’arrive pas en un jour, et la série montre bien tous les facteurs qui mènent Cassian à son destin.

« Il y a toujours autant d’action et d’aventure »

En quoi « Andor » se distingue-t-elle des autres séries Star Wars comme « Mandalorian » ou « Obi-Wan Kenobi » ?

« Rogue One » était un film très singulier dans la grande saga de « Star Wars ». C’était le premier film tenant debout tout seul, sans trilogie ni Skywalker. Eh bien, « Cassian » m’évoque la même chose quant au catalogue de séries « Star Wars » qui grandit. Je sais qu’il y en a beaucoup, mais celle-ci aussi se distingue par sa fin définie. Elle est plus terre-à-terre aussi. On parle du peuple, de survie, de l’étincelle d’une révolution, et de gens normaux accomplissant l’extraordinaire. Ne me méprenez pas, il y a toujours autant d’action et d’aventure. Mais c’est aussi plus sombre et moins lisse. Il y a de la politique dans « Cassian », de l’espionnage. C’est le morceau le plus réaliste de « Star Wars » à ce jour, et je suis content de le porter sur mes épaules.

On sait que Cassian va devenir un chef de résistance, mais la série le présente d’abord comme un solitaire plutôt taciturne…

Une des forces de Cassian est de se fondre dans la foule. C’est de la force pure, sans mauvais jeu de mots (rires). Il vit dans une zone grise, peut s’enfoncer dans les ténèbres, mais il est capable de grandir et de changer. Son voyage est intéressant car c’est un monsieur Tout-le-monde qui n’a aucune idée des monts et merveilles qu’il s’apprête à accomplir. Les spectateurs pourront se projeter en lui, rien à voir avec les héros inaccessibles et déconnectés de notre réalité. C’est une époque de la galaxie sans jedis, sans sabres, juste avec des gens cherchant à tenir jusqu’au lendemain. Et certains d’entre eux vont réaliser que leur force réside dans leur nombre, dans leur capacité à composer un mouvement commun.

« On a intérêt à ne pas se planter »

Stellan Skarsgard (« Dogville », « Mamma Mia ») joue votre mentor bougon. Quelle relation avez-vous nouée avec lui ?

Stellan est un acteur très talentueux, pas besoin de le rappeler. J’ai toujours eu de l’admiration professionnelle pour lui, et je peux affirmer sans sourciller qu’il m’a parfois servi de point de référence. Mais au-delà de tout ça, c’est tout simplement l’homme le plus sympa dans la pièce, vous voyez ? Il est ouvert dans la collaboration, prêt à suivre les imprévus et à rebondir en s’amusant. Il comprend qu’il ne s’agit pas uniquement de donner le meilleur de soi, mais surtout de trouver ce qu’on peut faire ensemble. Par exemple, il veille à comprendre la méthode de travail de tous les comédiens avec qui il joue. C’est un gars qui aime son métier et son art. Il était de bonne humeur tous les matins, alors qu’on tournait dans des conditions plutôt rudes, aux pires moments du confinement. On était tous les deux loin de nos familles, bloqués à Londres pour le tournage. Et à sa façon, il est devenu mon foyer pendant cette période étrange.

Quel a été votre plus grand défi sur ce tournage, en tant qu’acteur mais aussi comme producteur exécutif ?

Pour ma casquette de comédien, c’est le même défi que pour n’importe quel projet. Je me demande à chaque fois comment je vais pouvoir me dépasser. Un challenge que j’adore soit dit en passant ! Je veux découvrir et ressentir de nouvelles choses à chaque nouveau rôle. Le fait de l’avoir déjà interprété il y a six ans change la donne en plus. C’est à la fois le même gars, et un mec totalement différent. Et donc l’occasion pour moi de jouer sur l’idée de variation plutôt que d’invention. En tant que producteur, la pression venait surtout du fait qu’on entrait dans la cour des grands. Si on y pense, c’est comme si on venait de réaliser quatre films au lieu de douze épisodes. On les appréhende avec la même ambition, et le travail est donc énorme. Disons qu’il n’y a pas vraiment de temps pour se la couler douce. On finit quelque chose le soir, on est contents, mais le lendemain c’est reparti. Là par exemple, on pourrait croire que tout est bouclé mais Tony est encore en salle de montage pour les derniers épisodes. Et puis il y a la promotion à assurer, la deuxième saison que nous entamons, et le doublage de ma voix pour la version espagnole. Bref, c’est la folie. La quantité de boulot impose un certain degré de concentration et de santé quotidiennes mais ça vaut le coup ! Comme si vous veniez de recevoir le plus cool des jouets. On est libres, on a le budget… On a juste intérêt à ne pas se planter maintenant (rires) !

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