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Phénomène mystérieux: les peintures de l’artiste Pierre Soulages dégoulinent...

Des scientifiques ont apporté leur éclairage.

Temps de lecture: 2 min

Si les peintures ont parfois tendance à se morceler au fil du temps, les œuvres de Pierre Soulages, sont carrément en train de dégouliner...

D’après nos confrères français du « HuffPost », les toiles de l’artiste français changent d’apparence de façon assez mystérieuse : on y voit désormais des « coulures » ne faisant aucunement partie de la composition originale. Concrètement, ces œuvres « dont les couches de noir superposées et raclées à la spatule se sont mises à couler, à transpirer », explique la journaliste Maëlle Roudaut.

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Certains passionnés pourraient y interpréter des larmes de tristesse des tableaux, après le décès de leur père, disparu en octobre dernier à l’âge de 102 ans... L’explication est peu convaincante pour le monde scientifique. Une équipe française apporte un éclairage plus cartésien.

Huile sur toile de Pierre Soulages (1957) - Belga Image
Huile sur toile de Pierre Soulages (1957) - Belga Image

Dans une vidéo publiée par le CNRS, en collaboration avec le journal « Le Monde », on retrouve une équipe de scientifiques qui tentent d’élucider le mystère. À l’aide de lampes UV et d’un système d’imagerie de luminescence, les chercheurs ont scruté les coulures, leur taille, leur brillance, leur texture.

Parmi ces scientifiques, Pauline Hélou De La Grandière, restauratrice du patrimoine, s’est lancée dans une thèse pour comprendre ces altérations récurrentes. Spécialiste du travail de Pierre Soulages, elle a restauré plus de 100 tableaux et n’a jamais été témoin d’une telle dégradation jusqu’à présent. « La peinture, au lieu de s’oxyder et de devenir de plus en plus cassante, devient de plus en plus molle, et quelques fois, de plus en plus liquide. Parfois, dans ces empâtements suinte une goutte de liant de la peinture, et ce liant c’est de l’huile », explique la chercheuse. Il ne s’agit donc pas d’un problème de séchage de la peinture, mais bien d’un souci de vieillissement. À travers le temps, la peinture redevient fluide et coulante.

Pour l’instant, l’équipe du CNRS n’écarte aucune piste, mais l’une d’entre elles retient particulièrement leur attention. Il existe en effet un point commun entre ces œuvres dégoulinantes : toutes ont été peintes à Paris, entre 1959 et 1960. Il serait donc probable que les fournisseurs de peinture concernés soient mis en cause.

À l’heure actuelle, plus d’une dizaine d’œuvres du peintre seraient touchées par la dégradation.

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