Accueil Actu Soirmag

Deux Canadiens découvrent avoir été échangés à la naissance 65 ans plus tard

Les deux sexagénaires ont vécu des vies très différentes, dans leurs familles adoptives.

Temps de lecture: 3 min

À Manitoba, au Canada, deux hommes ont découvert, au détour d’un test ADN que leur vie aurait pu être bien différente.

Richard Beauvais et Eddy Ambrose ont réalisé un test ADN il y a deux ans, alors qu’ils avaient 65 ans. Le résultat de ce test les a surpris. Il semblerait que les deux hommes ont été remis à la mauvaise famille après être nés à plusieurs heures d’intervalle, rapporte le New York Times.

Dans le but de retracer son arbre généalogique, la fille de Richard Beauvais demande à son père de passer un test ADN. Alors qu’il pensait que les résultats annonceraient des origines autochtones ou françaises, il semblerait que l’homme ait des ancêtres ukrainiens, juif ashkénaze et polonais. Richard Beauvais a donc d’abord pensé à une erreur.

De son côté, Eddy Ambrose a également réalisé un test génétique au même moment, dans le même but. En grandissant, l’homme avait écouté des chansons ukrainiennes et assister à la messe dans la langue du pays dont il pensait provenir. Mais les résultats de son test sont formels : il est métis d’un mélange entre le Canada et la France, et a des origines autochtones.

Deux vies très différentes

Grâce au site web des tests ADN, les deux hommes du même âge ont conclu avoir été échangés à la naissance. Ils se sont ensuite téléphonés et ont retracé le parcours l’un de l’autre.

Richard Beauvais a été victime des politiques brutales du Canada envers les peuples autochtones pendant son enfance. Alors qu’il n’avait que trois ans, il perd son père d’une maladie. Sa mère s’est donc retrouvée avec trois enfants à charge. Elle a donc décidé de les prendre lui et ses sœurs pour les emmener dans sa ville natale, Saint-Laurent, près de la ville de Montréal. Là, ils ont rejoint leurs grands-parents dans leur maison où ils parlent cri (un dialecte du nord du Québec, Ndlr) et français.

Lorsque ses grands-parents sont décédés, Richard Beauvais s’est occupé de ses sœurs, avant d’être retiré à sa famille dans les années 60 lors de la rafle. Il a été contraint de rejoindre un pensionnat pour Autochtones. Il est ensuite devenu pêcheur commercial en Colombie-Britannique.

« C’est triste pour lui »

De son côté, Eddy Ambrose a baigné dans la culture catholique ukrainienne de sa communauté. Il a grandi entouré et protégé par ses parents et ses trois sœurs. Il explique : «  Richard m’a dit que je n’aurais probablement pas survécu (à l’enfance qu’il a vécue, ndlr), c’était trop brutal.  » Il poursuit : «   Et je me suis dit, ‘eh bien, peut-être que je suis content de ne pas être là, mais, d’une certaine manière, c’est triste pour lui d’avoir vécu ça’ . »

Eddy Ambrose a donc pris contact avec l’une de ses sœurs biologiques et s’est documenté sur ses origines. Il a lancé une poursuite judiciaire contre la province qui l’a vu naître, Manitoba. Il demande des excuses et une indemnisation. Il souhaite être reconnu comme métis, notamment pour que ses petits-enfants bénéficient des subventions destinées aux personnes appartenant à ce groupe.

Selon une porte-parole du propriétaire actuel de l’hôpital où les deux hommes sont nés, « les registres des naissances n’étaient plus disponibles. »

À lire aussi : Un père brise son pare-brise pour sauver son bébé (vidéo)

Pour Richard Beauvais, pas de regret : « Si je pouvais retourner aujourd’hui dans cette chambre d’hôpital et changer, je ne le ferais pas, car j’ai deux belles filles, une belle épouse, trois belles petites-filles. »

Retrouvez plus d’actualités sur www.soirmag.be et sur Facebook.

L'actu en vidéo

 
Sur le même sujet

Aussi en Société

Voir plus d'articles

À la Une