Émeutes urbaines: le rappeur Booba juge l'État français «trop mou»
« Ce n’était pas forcément dû à la mort du petit Nahel, c’est l’expression d’un mal-être, d’un ras-le-bol. »

Le rappeur Booba, qui habite aux États-Unis, juge ce dimanche 6 août l’État français « beaucoup trop mou et faible » et regrette que les jeunes n’aient « pas peur de la police ». Il était interrogé sur les émeutes survenues en France après la mort de Nahel.
Dans une interview publiée par les journaux du groupe Ebra, le chanteur, âgé de 46 ans, qualifie de « triste bavure » la mort du jeune Nahel, tué fin juin par un policier à Nanterre. « Bien sûr que c’était choquant. Le policier n’était visiblement pas en danger de mort. C’est une triste bavure mais en réalité ça ne m’étonne pas, ce n’est pas la première fois que ça arrive », dit Booba.
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« Quant aux émeutes, je trouve surtout que la police, le système judiciaro-carcéral, et plus globalement l’État, ne se font pas respecter », poursuit-il. « Les jeunes n’ont pas peur de la police, l’État est beaucoup trop mou et faible. »
Le natif des Hauts-de-Seine ajoute qu’à son avis « les peines de prison sont trop légères et surtout rarement appliquées, les policiers sont discrédités ». Le rappeur, qui vit à Miami, estime qu’aux États-Unis, « c’est loin d’être parfait mais tu ne défies pas la police à la bagarre ».
« La prison ne fait pas peur »
Aux États-Unis, la police tue trois personnes par jour, selon un décompte du « Wahsington Post » réalisé depuis sept années et relayé par « Le Monde ». Ce sont ainsi 1.093 personnes qui ont été tuées par la police américaine en 2022. « C’est loin d’être parfait et toutes ces bavures le prouvent, concède Booba. Mais ce n’est pas une raison pour se satisfaire de ce qu’on a en France ! »
« Regardez, la prison ne fait pas peur non plus, c’est tellement léger à certains niveaux ! (…) C’est une question de crédibilité, c’est comme à l’école, si on sait que la prof de géographie est une quiche on va lui jeter des craies, si on sait que le prof de français est sévère au moindre ricanement, on va tous se tenir à carreaux. C’est aussi simple que ça », tranche-t-il.
Un « cri de désespoir »
Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, voit dans les émeutes un « abcès qui avait besoin de péter ». « Ce n’était pas forcément dû à la mort du petit Nahel, c’est l’expression d’un mal-être, d’un ras-le-bol, de l’ennui en banlieue, de la situation financière », observe-t-il. « Ils se sont défoulés », dit-il à propos des émeutiers. « C’est un cri de désespoir. Ils savent très bien que ça ne résoudra rien, c’est histoire d’exister ».
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