L’exode de mai 1940: «Je ne savais pas que c’était ça, la guerre...»(2/2)
Les terribles journées d’exode de mai 40. Des gens de tous âges, de toutes les conditions sociales, religieuses, politiques, vécurent une aventure « sortant de l’ordinaire ». Voici leur(s) histoire(s).
Nous avions laissé la semaine passée la famille Bragard à Avesnes, sous les bombes… avec cette conclusion terrible : « Au petit matin, il n’y a pas un nuage. Le soleil illumine les restes d’une bataille sanglante. »
15 mai
Nous avons faim. Nous passons devant des fermes où il y a des cruches à lait remplies, des marmites de soupe, du pain. Ce n’est peut-être plus très frais car il fait chaud, mais ça nourrit. Et nous marchons, marchons, en faisant quelques arrêts. L’abri d’une haie nous attire et nous nous reposons. Une voix me demande : « Tu veux un biscuit, du chocolat ? » De l’autre côté de la haie, il y a quelques soldats français. Ils s’adressent à papa, ils ne veulent pas se rendre, ils veulent se battre, mais ils n’ont plus de cartes et ne savent vers où se diriger pour retrouver un régiment. Papa leur indique la direction à prendre et les voilà partis. Ils traversent la route et s’engagent dans la forêt.










