Amélie Nothomb se confie sur le viol qu’elle a subi à l’âge de 12 ans (vidéo)
La romancière a décidé d’ouvertement parler du viol collectif dont elle a été victime. Sa mère lui a permis d’avancer.

Entre le « non-dit » d’une époque où le viol était tabou et le « trop-dit », Amélie Nothomb cherche et trouve sa voie dans son roman publié mercredi, qui pivote autour de cet épisode crucial dans sa vie. « Je le mesure à mon angoisse. Nous sommes la veille du jour J et je n’ai jamais été aussi angoissée », explique-t-elle à l’AFP. « Je mets beaucoup, beaucoup de mon intimité. J’ai l’impression de me mettre en danger ».
À l’occasion de la sortie de son livre, elle était invitée au micro de France Inter, ce lundi 28 août. Elle est revenue sur sa jeunesse et aborde le viol qui a eu lieu quand elle avait 12 ans, à la fin des années 70, sur une plage du Bangladesh d’où elle était partie nager. L’épisode était connu. Il est raconté une première fois, de manière assez elliptique, dans « Biographie de la faim » en 2004.
Face à Léa Salamé, elle explique comment sa mère est venue à son secours en faisant fuir les quatre hommes qui l’agressaient. Elle rapporte également qu’en deux mots seulement, sa mère a réussi à l’aider. Si Amélie Nothomb explique que les mots pouvaient « paraîtres dérisoires », ils ont cependant été « essentiels ». « Si ma mère n’avait pas dit ces deux mots-là, le silence aurait été absolu. C’était une autre époque, c’était les années 70… », déclare-t-elle avant d’ajouter : « Je ne me serais pas crue. Comme il n’y a eu aucun commentaire, de personne, aucune suite d’aucune sorte, j’aurais très bien pu penser que j’avais complètement déliré, que j’avais inventé cet épisode absolument abominable de ma vie. Grâce aux deux paroles prononcées par ma mère, j’ai su que ça s’était vraiment passé ».
« J’ai vraiment cru que j’allais mourir, mais ce qui l’emportait, c’était la terreur, il m’a fallu un siècle pour crier, ma mère est arrivée en courant, ce qui les a fait fuir », avait-elle déjà confié au magazine ELLE.
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