Justine Triet submergée par l’émotion à l’annonce des nominations d’«Anatomie d’une chute» aux Oscars
Les nominations pour les Oscars ont été dévoilées aujourd’hui. « Anatomie d’une chute » a été nommé dans cinq catégories de choix.

En décrochant cinq nominations aux Oscars, notamment dans les catégories « meilleur film » et « meilleur réalisateur » pour Justine Triet, le film français « Anatomie d’une chute » est désormais en position de marquer l’histoire de Hollywood, comme « The Artist » il y a une décennie.
Ces nominations ont été annoncées mardi. « C’est une merveilleuse surprise ! Cinq nominations, c’est très généreux. C’est une aventure unique qui ne s’arrête pas, je ne sais pas si on revivra ça un jour », a réagi auprès de l’AFP la productrice du film, Marie-Ange Luciani. « Anatomie d’une chute » est aussi nommé dans les catégories « meilleure actrice », pour l’Allemande Sandra Hüller, meilleur scénario original, co-écrit par Justine Triet et son compagnon Arthur Harari, et « meilleur montage ».
Après l’annonce de ces nominations, Justine Triet s’est exprimée avec émotion sur Instagram. Dans plusieurs vidéos partagées par la société Les Films de Pierre, la réalisatrice est prise entre l’euphorie et les larmes. À BFMTV, elle s’est confiée : « J’ai hurlé. On ne s’attendait pas à autant de nominations », révèle-t-elle à propos des annonces des nominations.
Elle révèle également ne pas avoir compris de quoi il s’agissait quand « Anatomie d’une chute » a été nominé pour la catégorie « Best Picture », à comprendre comme « meilleur film » : « J’ai eu un bug émotionnel. J’ai extrêmement honte. On voit que mon niveau d’anglais est laborieux. Je prends des cours depuis six mois ».
Pour la nomination dans « meilleur réalisation », Justine Triet explique : « Cette catégorie-là me touche particulièrement parce qu’historiquement il y a assez peu de femmes qui ont eu une nomination. Je crois que je suis la huitième femme à avoir eu une nomination. C’est très émouvant ». « J’étais très émue de voir mon monteur (Laurent Sénéchal, ndlr) nommé. Je ne m’y attendais pas du tout. Ça m’a beaucoup touchée. On a passé huit mois enfermés dans une petite pièce à trouver le code du film. Le savoir nommé, c’est super émouvant », ajoute-t-elle également.
Une dissection des rapports de force
Dissection des rapports de force au sein d’un couple d’artistes, ce long-métrage a déjà permis à Justine Triet de devenir, à 45 ans, la troisième réalisatrice de l’histoire à décrocher la Palme d’or au Festival de Cannes. Il retrace en 2h32 le procès d’une femme accusée d’avoir tué son mari, avec pour seuls témoins le garçon malvoyant du couple et leur chien.
Glaciale et faillible à la fois, Sandra Hüller est inoubliable en accusée, tout comme l’enfant au visage indéchiffrable, le jeune acteur Milo Machado-Graner.
Une revanche
Justine Triet pourrait rejoindre d’autres Françaises distinguées à Hollywood ces dernières années, dont Marion Cotillard (meilleure actrice en 2008 pour « La Môme ») et Juliette Binoche (meilleur second rôle féminin en 1997 pour « Le Patient anglais »). Ces nominations aux Oscars ont déjà un goût de revanche pour Justine Triet, pour le cinéma d’auteur et pour « l’exception culturelle » française, qu’elle avait défendue ardemment sur la Croisette, attaquant le gouvernement français en pleine réforme des retraites.






