La terrible insouciance face à la Shoah
« Une jeune fille qui va bien », 20h30, La Trois.
Paris, été 1942. Alors que l’Occupation entre dans sa phase la plus meurtrière, une famille parisienne tente toujours de vivre comme si… tout était presque normal. La grand-mère et le papa sont méfiants mais conformistes. Lui se charge personnellement d’aller faire apposer l’étoile jaune sur toutes les pièces d’identité familiales, puis sur les vestes, contre l’avis du fiston prêt à entrer en clandestinité. Quant à sa sœur, à 19 ans, elle n’a qu’une idée en tête: devenir comédienne. Elle fréquente un cours devant déboucher sur une admission et répète à domicile les scènes de «L’épreuve» de Marivaux. Et tout ça alors que l’étau se resserre et que les allées de bord de Seine sont de moins en moins sûres pour les «enfants de David». «Une jeune fille qui va bien» est le premier long-métrage de Sandrine Kiberlain. À l’aube de la cinquantaine, la native de Boulogne-Billancourt est devenue une vraie icône d’un cinéma français qui, trop longtemps encaqué dans le minimalisme nombriliste et bavard de la production parisienne, en revient progressivement à ses racines.







