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Que retenir de l’enquête d’«Envoyé Spécial» consacrée à Gérard Miller?

France 2 a modifié sa programmation hier soir pour diffuser une enquête d’« Envoyé Spécial » sur Gérard Miller, visé par plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols.

Temps de lecture: 4 min

Ce jeudi soir, France 2 diffusait un épisode d’« Envoyé Spécial » consacré à Gérard Miller. Les journalistes du magazine et les réalisatrices Chloé Vienne et Lucie Remy ont enquêté sur le psychanalyste accusé d’agressions sexuelles et de viols « parfois des victimes mineures » par plusieurs femmes. Si l’homme connu à la télévision conteste les faits qui lui sont reprochés, une seule femme a témoigné à visage découvert. Les autres souhaitent garder leur anonymat.

Trois femmes ont pris la parole dans l’émission. Charlotte (nom d’emprunt) accuse le thérapeute d’agression sexuelle. Les faits se seraient déroulés il y a 22 ans. À l’époque, elle n’avait que 14 ans. Elle se souvient : « Je sortais du lycée avec ma meilleure amie. En passant devant le Moulin Rouge, il y avait l’émission de Laurent Ruquier et ils avaient besoin de public. » Charlotte explique ensuite : « Gérard Miller s’est arrêté plus particulièrement sur moi et cette amie. Il nous a emmenées dans sa loge, je n’ai pas senti de risques en fait, pour moi c’est un personnage public, quelqu’un d’intéressant. Et puis quelques jours plus tard, il me rappelle et me dit : ‘Passe à mon bureau, on ira déjeuner ensemble.’ »

Une autre jeune femme, Mathilde, la seule à témoigner à visage découvert, raconte aussi sa rencontre avec Gérard Miller en 2004 sur un plateau de télévision. Elle aussi assistait à l’enregistrement d’une émission de Laurent Ruquier, « On aura tout essayé ». Le psychanalyste y est souvent présent en tant que chroniqueur. Mathilde avait 19 ans et se rappelle : « On est dans le public et à la fin de l’émission je voulais lui demander un autographe pour mon père, pour lui faire une blague. Il me fait cet autographe et ensuite il me propose d’aller voir un spectacle au palais des glaces, qu’il produit. »

Un « mode opératoire »

Les équipes d’« Envoyé Spécial » ont contacté 80 collaborateurs qui ont côtoyé Gérard Miller sur le tournage de cette émission. Ces témoins « dressent le portrait d’un chroniqueur très méthodique dans son approche des jeunes femmes. (…) Gérard bombait le torse au début du tournage. Il faisait le tour du public, un peu avec une attitude de coq », rapporte la voix off. Il « faisait son marché dans le public » confient une vingtaine de personnes.

Les journalistes du Elle, magazine qui a dévoilé l’affaire, précisent : « On a recensé quatre viols présumés dont deux sur mineur et 18 agressions sexuelles présumées. Tout le reste, ce sont des éléments de contexte : des propositions, des invitations à son domicile, des séances d’hypnose où les filles se sont senties mal à l’aise et sont parties en catastrophe. Pour nous, ça dessinait un mode opératoire et ça montrait une sérialité. »

Gérard Miller nie tous les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, ces relations étaient consenties. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux en février dernier, il a déclaré : «  Je me suis toujours assuré du consentement des femmes que je pouvais fréquenter et récuse de la façon la plus catégorique qui soit toute agression sexuelle, et, à plus forte raison, tout viol. »

Pour Mathilde, les faits se seraient déroulés pendant une séance d’hypnose. Romane (nom d’emprunt) tient le même discours. Alors qu’elle était étudiante en journalisme, Gérard Miller était professeur dans sa fac. Avec une amie, elle se rend chez lui pour l’interviewer. Une fois l’entretien terminé, il leur aurait proposé de « faire un test d’hypnose chez lui ». Elle explique : « Finalement ma copine a dû rentrer et nous nous sommes retrouvés tous les deux chez lui. Il m’a dit de m’allonger sur le lit. J’étais gênée mais voyant l’aspect thérapeutique du truc, j’ai joué le jeu. Il m’a dit de fermer les yeux et de m’imaginer sur le sable. Puis au fur et à mesure de son récit, il me caressait tout le cops, bien que je répondais à des questions sur ma famille, mes études, des questions très personnelles. Je lui déballais ma vie. De fil en aiguille il m’a demandé d’enlever mon pantalon. »

À lire aussi : Gérard Miller visé par une nouvelle plainte pour viol

France 2 rapporte que Gérard Miller affirme n’avoir «  jamais pratiqué l’hypnose ni dans [son] bureau, avec des patients, ni plus généralement à [son] domicile. Jamais. » Il conclut : « Il s’agissait toujours de simples conversations et moments ludiques. Celui ou celle qui acceptait de s’y livrer n’était absolument pas hypnotisé et restait parfaitement conscient, pouvant interrompre le jeu lui-même à tout instant. »

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