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Pourquoi dit-on… parler à la cantonade

La langue française regorge d’expressions cocasses, alambiquées et plutôt intrigantes. D’où viennent-elles ? Réponse dans le premier « Soir mag » de chaque mois.

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Parler à la cantonade

Lorsqu’un individu s’exprime à voix haute sans interlocuteur précis, on a pour habitude de dire qu’il « parle à la cantonade ». L’expression ne surprendrait personne si seulement le mot « cantonade » était un synonyme de « foule » ou encore d’« assemblée ». Mais que nenni ! Ce terme tire en réalité son origine de son ancêtre provençal « cantonada ». Synonyme de « coin » ou d’« angle de construction » au XVIe siècle, il intègre le jargon théâtral deux siècles plus tard, et est alors employé pour désigner les côtés de la scène. Un comédien qui parlait « à la cantonade » le faisait donc en direction des coulisses, à l’intention d’un interlocuteur imaginaire. Aujourd’hui, si l’expression n’est plus réservée à l’univers du théâtre, elle se réfère néanmoins toujours à un faux dialogue, l’émetteur du propos ne s’adressant qu’à qui veut bien l’écouter. Ça vous en bouche un coin, hein ?

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