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Quel avenir pour Cyril Hanouna et pour «Touche pas à mon poste» ?

L’Arcom n’a pas réattribué de fréquence à C8 en 2025. La chaîne détenue par Vincent Bolloré est donc amenée à disparaître de la TNT dans les mois qui viennent. Que vont donc devenir Cyril Hanouna et son émission phare « Touche pas à mon poste »  ?

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Le régulateur de l’audiovisuel (Arcom) a dévoilé ce mercredi les candidats retenus pour l’attribution de 15 fréquences TNT en 2025, après des auditions courant juillet, comme l’indique La Voix du Nord. Il a fondé sa décision notamment sur « l’intérêt de chaque projet pour le public au regard de l’impératif prioritaire de pluralisme », écrit-il dans un communiqué. La TNT, lancée en 2005 en métropole, structure encore largement le paysage audiovisuel français et reste l’unique mode de réception de la télévision pour près de 20 % des foyers équipés d’un poste.

Et en ne retenant pas C8, qui cumule 7,6 millions d’euros d’amende en raison des dérapages de Cyril Hanouna, animateur de « Touche pas à mon poste » (TPMP), le régulateur envoie un signal fort aux éditeurs de chaîne sur la nécessité de respecter leurs obligations. «   Avec cette décision, l’Arcom tire les premières conséquences logiques des dérives des antennes contrôlées par Vincent Bolloré  », a réagi le nouveau directeur général de RSF, Thibaut Bruttin. Le régulateur « a pris la mesure de ses responsabilités  », a-t-il ajouté. C8 est regardée chaque jour en moyenne par 9 millions de téléspectateurs. Un record sur la TNT.

Lors de leur audition, les dirigeants de C8 s’étaient engagés à diffuser « Touche pas à mon poste » avec un différé allant jusqu’à 45 minutes pour éviter la diffusion de nouveaux débordements. L’argument n’a cependant pas convaincu. «  À chacune de ces sorties, vous nous avez expliqué que ça ne se reproduirait pas, que vous alliez prendre des dispositions, lui avait alors répondu Benoît Loutrel, membre du collège de l’Arcom. Mais ça revient, ça revient, ça revient. Pourquoi doit-on croire que vous ferez ce que vous auriez pu faire depuis toutes ces années ? Pourquoi demain serait différent d’hier ? ».

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« Bon… chouchou sur la plage du coup ? », a taclé sur X le député LFI Louis Boyard, en réponse à un tweet de juin dans lequel Cyril Hanouna évoquait la rentrée et invitait le député à aller « vendre des chouchous sur la plage » après la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais le retrait de sa fréquence ne signera pas forcément l’arrêt total de C8, compte tenu des possibilités de diffusion offertes par Internet, les box ou les télés connectées, tandis que Cyril Hanouna pourrait exercer sur une autre chaîne ou un autre média du groupe Bolloré : à savoir CNews, CStar ou encore Canal +.

D’ailleurs, comme le rappelle Télé-loisirs, lors de l’audition devant l’Arcom, Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ en charge des antennes et des programmes, l’avait aussi affirmé : «   Je précise que nous sommes là pour la candidature de C8 et pas sur le fait que Cyril Hanouna puisse continuer ou pas à faire de la télévision. Avec ou sans C8, vous le retrouverez sur une autre chaîne [du groupe, NDLR] dès la rentrée », avait-il certifié.

Interrogé par l’AFP, le groupe Canal+ a indiqué qu’il ne faisait « aucun commentaire à date ». La nouvelle s’affichait sur les bandeaux déroulants de la chaîne d’information en continu CNews, du même groupe.

Sur X, le député LFI Aurélien Saintoul, rapporteur de la commission d’enquête sur les fréquences TNT en début d’année, « constate avec satisfaction » l’éviction de C8, mais déplore le maintien de CNews, elle aussi régulièrement rappelée à l’ordre par l’Arcom, dans la course aux fréquences.

CNews, propriété, comme C8, du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a obtenu un renouvellement de sa fréquence. Créée sur les cendres d’iTélé en 2017, CNews s’est classée numéro un (en part d’audience) des chaînes d’info en mai puis en juin devant BFMTV. Elle est aussi devenue rentable en mars, alors que C8 a essuyé 48,5 millions d’euros de pertes nettes en 2023, selon L’informé.

En plus de C8, NRJ 12, aux audiences faibles et programmant essentiellement des rediffusions, n’a pas été retenue pour le renouvellement de sa fréquence TNT. En revanche, les projets de Ouest-France et du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (Réels TV) sont tous deux retenus.

L’Arcom va désormais entamer des négociations pour définir des conventions avec les chaînes d’ici à la fin de l’année, et les autoriser à émettre courant 2025 pour une durée de dix ans maximum.

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