Marc Ysaye et ses grands classiques du rock: «I’m Going Home»
Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « I’m Going Home », Ten Years After (1970).


« Je me demande souvent à quoi aurait ressemblé le reste de notre carrière si le film “Woodstock” avait utilisé une autre chanson de notre concert que “I’m going Home.” » Alvin Lee.
Les festivités du 55e anniversaire du festival venant à peine de s’achever la semaine dernière, pourquoi ne pas rendre hommage au titre qui a porté pour une bonne part l’album, mais surtout le film « Woodstock ». Ten Years After a interprété sa version la plus connue de « I’m Going Home » lors de sa performance à Woodstock en août 1969. C’est la seule chanson du concert à figurer dans le film et sur le triple album « Woodstock ».
Alvin Lee a été adulé pour la rapidité de son jeu de guitare à Woodstock, mais il se défendait de jouer vite. La presse l’avait surnommé « Captain Speedfingers », mais il n’aimait pas trop cela. Il y avait selon lui beaucoup de guitaristes qui étaient plus rapides. Django Reinhardt, Barney Kessel, John McLaughlin et Joe Pass, pour n’en nommer que quelques-uns. Alvin avait surtout l’énergie, et c’est ce que représentait Ten Years After à l’époque.
La fièvre de Woodstock
Il commence à faire nuit ce 17 août 1969 lorsque Ten Years After monte sur scène à Woodstock. La pluie tombe depuis le milieu de l’après-midi, transformant le site en bourbier. Le public, estimé entre 350.000 et 450.000 personnes, est trempé, glacé. Le groupe n’est pas dans sa meilleure forme après avoir voyagé toute la nuit depuis Saint-Louis, effectué la dernière étape en hélicoptère, puis être resté enfermé sur place à l’arrière d’une caravane en attendant des heures que la pluie s’arrête. Il faut reconnaître qu’il y a mieux. Et pourtant… En entamant « I’m Going Home », Alvin dira : « Voici quelque chose qui s’appelle “Je rentre à la maison… en hélicoptère !”. » Vu les conditions d’accès au site rendues très difficiles par la foule, ils étaient en effet arrivés sur le site en hélicoptère. Le groupe se lance alors dans un boogie incroyable et la chanson décolle. Alvin explose le chant, rempli les espaces avec d’innombrables salves de guitare. Emprunte quelques passages à « Blue Suede Shoe » ou « Boom Boom » de John Lee Hooker. La caméra reste fixée sur lui ; il y a juste des aperçus occasionnels du claviériste Chick Churchill, du batteur Ric Lee et du bassiste Leo Lyons.
Dix minutes plus tard, le groupe entre dans l’Histoire, Woodstock est tombé sous les salves d’un petit groupe anglais quasiment inconnu.
Lorsque le film « Woodstock » sort en 1970, plus d’un an après le festival, il a déjà transformé le groupe en superstar. Soudain, TYA devient le nouveau héros du blues rock britannique. Mais derrière la chanson qui avait propulsé Ten Years After dans la première division se trouvait un autre Alvin, plus incertain, qui ne supportait pas le statut de superstar que le film avait conféré au groupe. « Au début, nous étions un groupe underground. Puis c’est devenu énorme et les gens ont dû venir dans des arènes et des stades de base-ball pour voir le groupe. Et là, on a commencé à perdre tout contact avec le public… » Alvin Lee nous a quittés inopinément le 6 mars 2013 à Estepona, en Espagne.









