Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « As Tears Go By »

Ecrite fin 1963 par Mick Jagger et Keith Richards, la chanson est publiée en juin 1964 par une jeune femme de 17 ans à peine : Marianne Faithfull. Selon Keith Richards, c’est la première chanson jamais écrite par les « Glimmer Twins », les « jumeaux brillants » en français. Ils partent d’un simple vers : « It is the evening of the day / I sit and watch the children play ». Et trouvent ensuite un enchaînement d’accords intéressants. La chanson est née : « As Tears Go By ».
Mais ils ne jugent pas cette composition digne d’être interprétée par les Stones parce que trop douce. Néanmoins, selon Mick Jagger, « As Tears Go By » n’est pas la première composition du duo Jagger-Richards. Contrairement aux affirmations de Keith Richards, la première chanson composée par le duo serait « It Should Be You », enregistrée une première fois par George Bean, un chanteur de la maison de production d’Oldham, leur manager.
« As Tears Go By » est un coup de maître, le titre se classe tout de suite en haut des charts anglais et américains.

Jagger et Richards avaient jugé leur morceau pas assez blues et un peu mou, mais vu le colossal succès de la version de Marianne, ils enregistreront finalement leur propre version en 1966. Marianne Faithfull restera la seule artiste féminine de la « British Invasion » qui balayera les USA en 1964.
Son premier LP en 1965 sera un vrai succès, ceux qui suivront en 1967 et 1968 seront de bons albums. Vu son physique particulièrement séduisant, elle sera également mannequin, actrice et muse. Elle tournera notamment aux côtés d’Alain Delon.
Après une courte relation avec Brian Jones, Marianne deviendra la compagne de Mick Jagger pour quelques années. Elle en verra de toutes les couleurs avec Mick, dont elle ne se sépare définitivement qu’en 1970. Elle va rapidement s’abîmer aux côtés des Stones et Mick en particulier, à tel point que sa popularité connaîtra des problèmes dont elle se serait bien passée.
La mort de Brian Jones le 3 juillet 1969 et une overdose dont elle échappera in extremis vont définitivement sceller les 60’s de Marianne. Elle est devenue héroïnomane, alcoolique, anorexique et se retrouvera même un moment sans abri dans les années 70. La consommation d’héroïne et d’alcool va définitivement altérer sa voix, qui deviendra plus rauque et plus basse. Elle continue à écrire et propose « Sister Morphine », qui est jugé outrageant par les bien-pensants. Ce magnifique titre sera rapidement retiré de la vente avant que les Stones (encore eux !) n’en fassent leur propre version qu’ils publieront sur l’album « Sticky Fingers » en 1971.
Ce n’est qu’en 1979 qu’elle renouera enfin avec le succès grâce à l’album « Broken English ».
Certains critiques qualifient ce retour de « pathétique » parce que Marianne a perdu sa voix, mais cela ne l’empêchera pas de se voir gratifiée du Grammy de la meilleure performance vocale rock féminine en 1980 ! Ce n’est qu’en 1985, au bout de 20 longues années, que Marianne en aura terminé définitivement avec ses addictions. Elle restera une grande dame de la chanson anglaise. Toute sa vie, elle n’arrêtera jamais de tourner et enchaînera des projets artistiques très différents tout au long de sa carrière.
Marianne Faithfull est partie ce 30 janvier à Londres. Elle avait 78 ans. So long Marianne.
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