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20 ans de règne du prince Albert : où en sont les accusations de malversation

Depuis 2021, l’ancien comptable du prince Albert et un magnat de l’immobilier s’attaquent mutuellement, s’accusant de malversation et d’influence sur le Rocher.
Par La rédaction avec l’AFP
Temps de lecture: 4 min

Ce dimanche 6 avril, le prince Albert fêtait ses 20 ans de règne. Ce dernier s’est inscrit dans la lignée de son père, le prince « Bâtisseur », développant des projets immobiliers mais il s’est aussi démarqué en cherchant à lutter contre la corruption et en s’engageant à ne plus faire de Monaco un paradis fiscal.

Mais depuis 2021, le Rocher est traversé par un scandale médiatico-judiciaire où deux proches collaborateurs du prince Albert s’accusent de malversations et d’abus. Les affaires ont commencé quand un corbeau dévoiler au compte-goutte les « Dossiers du Rocher ».

L’auteur de ces révélations accuse quatre proches collaborateurs du prince Albert de collusion. Dans le viseur, il y a notamment l’avocat personnel du prince, Thierry Lacoste et son comptable Claude Palmero, aujourd’hui licencié. Rapidement, les quatre collaborateurs ont répliqué en accusant Patrice Pastor, un magnat de l’immobilier, d’avoir orchestré les actions du corbeau.

Deux ans plus tard, les collaborateurs ont été, un à un, écartés de l’entourage de la famille monégasque. Comme le rappelle l’AFP, un audit a été réalisé et a révélé des pratiques problématiques du côté de Claude Palmero.

C’est alors une tornade de plaintes qui sont arrivées dans les tribunaux monégasques et parisiens. Chacun accuse l’autre de corruption, de trafic d’influence, abus de confiance, conflit d’intérêts, harcèlement ou encore de violation de la vie privée pour un total d’une trentaine de procédures rapporte l’AFP.

Claude Palmero au cœur du viseur

À l’heure actuelle, des perquisitions ont eu lieu mais aucune inculpation n’a été faite pour le moment. Cependant, l’ancien comptable du prince, Claude Palmero, est particulièrement scruté dans cette affaire. Les enquêtes ont montré qu’il travaillait pour le prince Albert mais aussi pour d’autres clients privés et dans des dossiers à titre officieux.

Dans un entretien à l’AFP, il se défend de toute malversation. Il plaçait son argent sur les mêmes supports que celui du prince ? « Un alignement d’intérêt » garantissant une meilleure gestion. Nombre d’avoirs étaient à son nom ? Une demande de la famille princière « qui a toujours été obsédée par la confidentialité ».

« M. Palmero a bénéficié d’une grande liberté et il est allé bien au-delà de ce qui était attendu de lui », explique Me Cyril Bonan, avocat du Palais. Si Albert II a affiché sa sérénité dans plusieurs entretiens l’an dernier, le ton est monté en face : furieux de voir les procédures contre lui se multiplier quand nombre de ses plaintes sont classées sans suite, Claude Palmero dénonce désormais une justice aux ordres et porte devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) la question de l’immunité totale du prince.

La vengeance du comptable

M. Palmero ne s’est jamais plaint quand il était au Palais, « mais le jour où il est écarté, il se sent soudainement investi d’une mission pour tenter de renverser les institutions », dénonce Me Bonan.

Au passage, M. Palmero dresse avec les autres proches déchus un portrait peu reluisant d’Albert II. « Je me suis malheureusement trompé sur lui. J’ai toujours vu et su que c’était quelqu’un d’assez irrésolu. Mais il semblait honnête et convaincu que Monaco devait devenir un Etat transparent et vertueux (…). En fait, il a jugé que c’était beaucoup plus confortable de s’inscrire dans le système que de le combattre. »

« Le prince de Monaco n’obéit à aucun intérêt particulier. Il représente la principauté. Il est le chef de l’Etat et il n’est à la main d’aucun opérateur, aucune force, quelle qu’elle soit », réplique Me Bonan. Patrice Pastor réfute lui aussi toutes les accusations : « Leur seule stratégie de défense est de ternir la réputation de ceux qui dénoncent leurs agissements et ainsi d’éviter de répondre aux multiples interrogations de la presse et de la justice », déclare son avocat, Me Antoine Vey.

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