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Gardien de phare : travailler au Paradis, travailler en Enfer

La solitude et la répétition harassante des mêmes gestes rythmaient le quotidien des gardiens de phare. Article réservé aux abonnés S'abonner
Par Louise Depuydt
Temps de lecture: 3 min

Au Cap Fréhel, en août 2019, Henri Richard, 66 ans au compteur, se retourne une ultime fois vers son phare. « Son » phare… du moins le dernier qui ponctue sa longue carrière de gardien telle que l’imaginaire collectif l’envisage : solitaire, rude, impitoyable. La relève ? Électrique. Quel fou, aujourd’hui, voudrait d’une vie pareille ? En prenant sa retraite, ce gardien français clôt bien plus qu’une vie d’un labeur particulier : il est alors le dernier représentant officiel des gardiens de phare de France. Pendant quarante ans, Henri a répété inlassablement les mêmes gestes en des endroits parfois extrêmes : au Paradis, surnom des phares côtiers, proches d’un village, au Purgatoire, pour ceux isolés sur une petite île proche du continent et, enfin, en Enfer, désignant les phares trônant en pleine mer, plus souvent déchaînée que tranquille. L’enfer, il l’a bien connu, Henri Richard, au cœur du phare d’Ar-Men, surnommé « l’Enfer des Enfers » tant la vie sur ce rocher perdu est terrible. Par nuit de tempête, le phare tangue et perd même des briques.

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