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Le Palais dévoile une photo inédite du Roi pour ses 65 ans

Philippe fête ses 65 ans ce 15 avril. En pleine forme, et après douze ans de règne, il ne devrait pas passer la main avant une quinzaine d’années au moins.
Journaliste Temps de lecture: 6 min

Ça y est ! Le 15 avril, le roi Philippe a passé le cap des 65 ans. Dans un an, il atteindra l’âge symbolique de la retraite actuellement en Belgique, du moins jusqu’en 2030. Un anniversaire à son image. Le Roi est quelqu’un de discret. Et il n’envisageait pas de souffler les bougies d’un gâteau devant 300 personnes ! Aussi Philippe de Saxe-Cobourg a-t-il profité des vacances de Pâques pour célébrer cet événement en famille. Un double anniversaire en réalité, car sa fille cadette, la princesse Eléonore, fête ses 17 ans le mercredi 16 avril !

Les heureux « jubilaires » ont choisi comme décor de leurs agapes familiales le « Chemin » de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Le couple royal et ses enfants ont entrepris ce périple physique et spirituel depuis plusieurs années (lire par ailleurs). Des vacances de Pâques sportives mais tout de même bienvenues pour le chef de l’État et son épouse, la reine Mathilde, qui ont enchaîné depuis des mois colloques singuliers pour lui, audiences, tables rondes, réunions de travail, visites de terrain et moult discours et allocutions pour les deux, soutenant le projet de telle école, découvrant la production de telle entreprise, admirant le travail de tel artiste, orchestrant une visite d’État « entrante » du président de Singapour, avec dîner officiel dans la rotonde du château de Laeken, et accomplissant une visite d’État « sortante » au Vietnam, où le couple royal s’est rendu début avril.

Le plus gros bosseur

Philippe et Mathilde sont aussi les champions du travail au sein de la Famille royale avec 150 activités officielles et 126 audiences pour le Roi, 172 activités officielles pour la Reine recensées en 2024. Ils se retrouvent loin devant la princesse Astrid et le prince Laurent, le roi Albert et la reine Paola coulant pour leur part une douce retraite bien méritée. Le couple royal et son entourage travaillent beaucoup et le monde politique est visiblement satisfait. Ainsi, les dernières semaines, on a vu le Premier ministre rendre hommage au chef de l’État. Oui, Bart De Wever, le nationaliste et républicain Premier ministre belge ! À son retour d’Inde en mars, le ministre de la Défense Theo Francken, également N-VA, saluait quant à lui l’efficacité et les opportunités offertes par les missions économiques présidées par la princesse Astrid au nom du Roi. On croit rêver !

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Bas Bogaerts/Palais Royal

« Ce qui distingue le règne du roi Philippe de ceux de ses prédécesseurs, analyse Vincent Dujardin, professeur d’histoire à l’UCL et spécialiste des monarchies, c’est par exemple la reconnaissance du fait régional dès sa prestation de serment, joignant ensuite la parole aux actes en recevant des représentants des entités fédérées ou en les invitant dans des visites de travail, officielles ou des visites d’État. Au moment de la formation des gouvernements, il n’a pas eu les mêmes réserves que son père à l’égard de la N-VA. »

Une communication bien maîtrisée

Oubliées, les inquiétudes du monde politique à son égard peu avant sa montée sur le Trône. Même les nationalistes sont rassurés sur son compte. D’aucuns lui rêveraient plus de flamboyance sans doute, à l’image de la Famille royale britannique. Mais cette relative discrétion a permis l’accomplissement des douze premières années de règne sans la moindre tache. De l’avis unanime du monde politique, le chef de l’État s’acquitte admirablement de son devoir, sans jamais outrepasser ses prérogatives.

Et Philippe a innové en matière de communication… « Bien sûr par l’ouverture du Palais aux réseaux sociaux, mais on peut mentionner ce reportage inédit en 2023 à l’occasion de ses dix ans de règne dans lequel il a raconté lui-même, certes sans être filmé, ces dix années passées en chef de l’État, mais aussi les défis qu’il a rencontrés, reprend Vincent Dujardin. Les Belges ont l’habitude de voir les images du Roi dans l’exercice de ses fonctions, avec son caractère formel, le protocole. Découvrir comment le Roi envisage lui-même la fonction royale, le métier de roi, c’était nouveau et permettait aux Belges d’en savoir plus sur l’homme qui se cache derrière la fonction. »

De la prudence à l’audace

On a aussi découvert un roi à l’initiative… Vincent Dujardin : « S’il se montrait fort prudent en 2013, Philippe s’est dévoilé ensuite parfois plus audacieux, notamment dans des discours plus forts. Je pense évidemment à son discours sur le Congo en 2022. Il a dit que de nombreux Belges se sont investis au Congo et aimaient sincèrement le pays, mais dans la foulée, il vise le système colonial lui-même et en dénonce de nombreux aspects comme aucun de ses prédécesseurs ne l’avait fait avant lui. Je pense aussi à ses propos très engagés en faveur de l’Ukraine. Ou son récent discours devant les autorités du pays, critiquant la politique de Trump, ou usant de son droit d’avertir face aux blocages dans la formation du gouvernement bruxellois. La situation bruxelloise rappelle d’ailleurs, a contrario, que le rôle du Roi dans la formation du gouvernement fédéral reste à la fois utile et nécessaire. Le fait qu’à Bruxelles, vous ayez parfois des formateurs autoproclamés, des prises de main dont tout le monde savait que cela ne donnerait rien, une fameuse pagaille, montre combien il est précieux dans un pays compliqué comme le nôtre d’avoir une personnalité au-dessus de la mêlée. Il manque un facilitateur qui n’a pas de baguette magique, mais peut parfois vraiment aider à rendre possible ce qui est réalisable comme le roi Philippe a pu le faire au niveau fédéral. »

Pas de retraite donc pour Philippe l’année prochaine lorsqu’il fêtera ses 66 ans. Il est en pleine forme physique et si Dieu auquel il croit lui prête vie et bonne santé, il devrait rester à la tête de l’État encore une quinzaine d’années. Notre Souverain n’a pas attendu aussi longtemps (les vingt ans du règne de son père) dans l’antichambre de la salle du Trône que pour quitter précipitamment cette charge suprême ! De plus, le roi Albert a abdiqué à l’âge de 79 ans. On ne peut imaginer que Philippe fasse plus court.

En attendant Élisabeth

Et ce sera tout bénéfice pour la princesse Élisabeth. La jeune duchesse de Brabant fêtera ses 24 ans le 25 octobre prochain. Le temps d’achever, l’année prochaine, son master en politiques publiques entrepris à l’université de Harvard aux États-Unis, d’accomplir quelques stages dans des institutions internationales, de vivre comme Papa et Maman des séjours privés en immersion et à dimension sociale et elle pourra arriver « aux affaires ».

Elle devrait, dans les années qui viennent, se voir attribuer une Maison administrative ainsi que la dotation à laquelle elle a prudemment renoncé depuis ses 18 ans. Et le moment venu, Élisabeth prendra sans doute la relève de sa tante Astrid à la tête des missions économiques belges. S’il a conservé la présidence d’honneur du Commerce extérieur belge, le Roi avait, en 2013, demandé à sa sœur, la princesse Astrid, de le représenter au cours de deux missions par an de par le monde, lui-même développant un volet économique plus poussé à ses deux visites d’État annuelles. La princesse Astrid aura 66 ans en 2028, alors qu’Élisabeth sera tout à fait disponible. L’épouse du prince Lorenz devrait donc lui transmettre le flambeau, le sentiment du devoir accompli.

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