Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Parchman Farm » (vidéo)

« Cactus » est le premier album éponyme du groupe américain Cactus, sorti le 1er juillet 1970. Cactus, « le Led Zeppelin américain », c’est du moins comme cela que la presse spécialisée a surnommé le groupe à sa sortie. Ce qualificatif très flatteur a été attribué à Cactus dès son apparition en 1970.
Pas certain que cela les ait réellement aidés… N’est pas Led Zeppelin qui veut et la comparaison avec un des plus grands groupes de l’histoire du rock était lourde à porter. Cactus s’est éteint après seulement quatre albums, à la fin de l’année 1972.
Des groupes comme Van Halen, Monster Magnet, Kings X, Billy Sheehan, David Coverdale, Kid Rock, Ted Nugent ou Humble Pie se sont déclarés dans leurs interviews fans de ce groupe bruyant et fier du début des 70’s.
La place de Cactus et surtout son influence dans l’histoire du rock and roll sont incontestables.
Cactus a été initialement conçu dès la fin de l’année 1969 et comprenait à l’origine la section rythmique de Vanilla Fudge, composée de deux « monstres », le bassiste Tim Bogert et le batteur Carmine Appice, du guitariste Jeff Beck, de la xylophoniste/chanteuse Adele Smitchell et de… Rod Stewart, issu du Jeff Beck Group déjà dissous.
Cependant, Beck a un grave accident de voiture et est absent de la scène musicale pendant plus d’un an, tandis que Rod Stewart rejoint Ronnie Wood dans les Faces.

Au début de l’année 1970, Appice et Bogert se retrouvent seuls, conscients de leur immense potentiel. Ils vont faire appel au guitariste de blues Jim McCarty, ainsi qu’au formidable chanteur Rusty Day. Une des plus incroyables machines à faire du rock est en place, et cela va se savoir !
Un premier album mythique
Cactus n’aura peut-être jamais été qu’un supergroupe improvisé à la dernière minute et sans grande conviction au départ, n’empêche, leur premier album de 1970 frôlait la perfection. La section rythmique déjà légendaire de Vanilla Fudge avec Bogert et Appice constitue la colonne vertébrale du groupe. Rusty Day a beaucoup apporté avec sa voix, mais c’est sans doute le guitariste Jim McCarty qui est la véritable star de la galaxie Cactus avec des solos remarquables sur tous les morceaux phares de l’album : « You Can’t Judge a Book By the Cover », « Let Me Swim » et surtout une version survoltée de « Parchman Farm » que je vous recommande vivement d’écouter si vous ne la connaissez pas. La version originale est signée Mose Allison, pianiste de jazz américain qui sortit la version originale en 1957.
Le fait que Cactus ait choisi de s’attaquer à ce morceau de blues/jazz classique un an seulement après qu’il a déjà été repris par Blue Cheer, un autre groupe pionnier du hard rock aux États-Unis, trahit au mieux un esprit de compétition sain dans le milieu hard rock du début des années 70, au pire cela suggère un certain opportunisme dans les motivations de Cactus, mais c’est une question que les membres survivants du groupe devront régler entre eux dans leur maison de retraite.
La conclusion de l’album, qui est fulgurante avec « Oleo » et « Feel So Good » (avec des solos de basse et de batterie), confirme sans conteste que ce premier album de Cactus est l’un des meilleurs albums de hard rock de cette nouvelle décennie.
Dommage que ses illustres membres se soient rapidement désintéressés de leur projet et aient livré des albums de moins en moins bons dans les années qui ont suivi. Pourquoi ? Cela restera sans doute toujours un mystère.









