Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Burning Down One Side » (vidéo)

Premier album solo de Robert Plant, « Pictures at Eleven » sort le 28 juin 1982 et atteint la 5e place aux États-Unis et la 2e au Royaume-Uni.
Les fans de Led Zeppelin, encore sous le choc de la mort du batteur John Bonham en 1980 et de la séparation du groupe peu après, n’ont pas eu à attendre très longtemps pour découvrir le premier album solo de Robert Plant, « Pictures at Eleven » s’inscrivant dans une veine rock plus moderne que Led Zeppelin avait empruntée sur son dernier album.
En minimisant le penchant de son ancien groupe pour le hard rock énergique à base de guitare, Plant propose un son et une direction assez originaux dans l’ensemble, comme le prouvent les morceaux phares « Moonlight in Samosa », « Slowdancer » et « Burning Down One Side ».
Phil Collins à la batterie !
Le batteur de Genesis, Phil Collins, a joué de la batterie sur six des huit chansons de l’album. L’ancien batteur de Rainbow, Cozy Powell, a joué sur « Slow Dancer » et « Like I’ve Never Been Gone ».
En l’état, même s’il n’y a rien de nouveau dans ces morceaux, le simple plaisir formel d’entendre quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut, fait de « Pictures at Eleven » un événement, malgré ses ambitions modestes. La voix hors du commun de Plant, véritable cri « heavy metal » auparavant, a rarement été mise en valeur de manière aussi fluide, même avec Led Zeppelin.

Sur ce premier album solo, on trouve Robbie Blunt, l’excellent guitariste du Steve Gibbons Band, le bassiste Paul Martinez et Jezz Woodroffe aux claviers, ainsi que Phil Collins et Cozy Powell, qui se partagent les parties de batterie. Blunt, en particulier, mérite une place de choix. Non seulement c’est un instrumentiste hors pair dans la grande tradition rock, mais il a également coécrit avec Plant les huit titres de l’album.
Pour ce premier album solo, Robert Plant ne répondra pas tout à fait aux attentes et principalement pas à celles des fans de Led Zeppelin. Avec un style vocal moins puissant, Plant parvient à interpréter la plupart des chansons avec douceur et élégance, tout en se lâchant de manière convaincante sur quelques autres. Plant canalisera son énergie de manière très efficace à travers des chansons comme « Pledge Pin ». Le single « Burning Down One Side » est tout aussi remarquable.
La caractéristique la plus évidente des huit titres de l’album est le fait que Plant parvient à échapper à son passé tout en restant lui-même. Sans trop s’appuyer sur ce passé avec Led Zeppelin, il explore de nouvelles directions sans changer ni dissimuler son style vocal si particulier. « Pictures at Eleven » s’est très bien classé des deux côtés de l’Atlantique, lançant avec succès la carrière solo de Plant, même si le noyau dur des fans du grand dirigeable restera sur sa faim. Je l’ai interviewé en 1982 à la sortie de ce premier album.
Il s’est montré charmant, mais j’ai été très surpris par son éloignement et par une forme de rancœur à peine voilée par rapport à Led Zeppelin dans son discours, allant même jusqu’à me dire qu’il trouvait que son album était bien meilleur que ceux de Led Zeppelin ! Et qu’il ne fallait plus les écouter ! C’était un excellent disque et « Burning Down One Side » un très bon single, mais par rapport à l’œuvre majeure laissée par Led Zeppelin… Oui, j’en suis tombé de ma chaise en entendant cela !









